i2 MOYENS ORDINAIRES
la grosseur qu’il est convenable de donner aux bouches à feu.
On a généralement adopté le calibre de 32 à 36, pour lagrande batterie des vaisseaux. Le 48 a été employé , mais on areconnu que la supériorité de choc et de portée de ce calibreétait loin de compenser l’augmentation de pesanteur, la len-teur de manœuvres , la consommation de munitions, etc., quirésultent de son emploi ; et, en effet, tandis que le rapportentre le 48 et le 36 est de 4 à 3 pour les inconvéniens , le rap-port des portées n’est que d’environ 28 à 27, ainsi que l’ontprouvé des épreuves comparatives , faites à Anvers en 1810.Or, de quel avantage serait cette légère différence dans lesportées, à la mer, où l’artillerie est presque inutile quand onla lire de trop loin ? Et serait-il sage de l’acheter par une aug-mentation d’un tiers dans les inconvéniens?
D’un autre côté, des épreuves authentiques, faites en 1786à Toulon (et qu’on peut voir dans Texier-Norbec), ont faitconnaître que la très-grande vitesse imprimée aux boulets,est plutôt un défaut qu’un avantage ; et l’on a remarqué queles charges de six à neuf livres de poudre dans le canon de 36,produisent beaucoup plus de déchiremens, plus d’éclats debois meurtriers, plus de dégâts de toute espèce, que la chargede douze livres qu’on a encore aujourd’hui l’habitude d’em-ployer } celte supériorité d’effets des charges modérées §e faitsurtout remarquer quand on tire à des distances rapprochées,c’est-à-dire dans les inslans où le feu de l’artillerie de merpeut avoir une véritable importance.
Soit que les Anglais et les Américains aient regardé commedécisives ces expériences , soit qu’ils les aient réitérées dansleur pays (1) , ils ont remarqué que le poids des canons an-
(1) F.n 1745, RoLins avait démontré , en Angleterre, la vérité de ce principe, <jue