DE LA MARINE ACTUELLE. i3
ciens pouvait être diminué 5 et ils ont pensé que les pièceslongues et lourdes n’étant supérieures que pour tirer de loin,et que des pièces moins longues et plus légères procurant lasupériorité de près , il serait peu raisonnable de préférer lasupérioi'ité du tir éloigné , qui est sans beaucoup d’importance,à la supériorité du tir rapproché, qui a lieu dans les instansdécisifs. D’après ces observations, ils ont réduit l’épaisseur dequelques pièces de marine à ce qui est indispensable pourrésister aux effets de la charge, et leur longueur à ce qui estconvenable eu égard à la nécessité d’entrer suffisamment dansles sabords. Avec ces nouvelles pièces, et avec les carronadesfaites en 1774? en Angleterre, d’après les mêmes principes,peut-êlre un peu outre-passés , ils ont pu réduire le nombredes hommes et le poids des munitions, et ils ont surtout obtenul’avantage très - remai’quable de pouvoir établir, à bord desvaisseaux, des bouches à feu d’un calibre élevé dans des em-placemens qui, avec des pièces plus lourdes, n’avaient permisque d’employer des calibres beaucoup moins puissans.
Ainsi, au lieu de n’avoir du 32 que dans la seule batteriebasse ( qui, dans les grosses mers est souvent obligée de nepas tirer), et de n’avoir, dans les autres batteries, que descalibres inférieurs, les Anglais et les Américains ont main-tenant des vaisseaux qui portent du 32 et du 24 presque par-tout 5 et au lieu de n’armer leurs frégates, corvettes, etc.,qu’en faibles calibres, ils les arment maintenant en bouchesà feu des calibres les plus élevés.
les charges modérées ont des effets plus destructeurs ; principe qu’il dit avoir trouvedéveloppé (outre ses propres observations) dans un manuscrit pris à bord d'un bâti-ment français capturé : il avait imprimé ses idées en 1747 > Mais ces idées , commetant d’autres, ne fructifièrent que long-temps après avoir été semées.