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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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DE LA MARINE ACTUELLE. i 7

daigner dans la marine; et en les tirant avec des projectilescreux de gros calibres, au lieu de les tirer, comme on lefait, avec des projectiles massifs, elles pourraient être d’ungrand effet.

Cependant il faut avouer qu’avec des carronades ou avec desobusiers de petits calibres on n’obtient que de petits avan-tages; et qu’avec des carronades ou obusiers de calibres élevés,on tombe dans l’alternative de deux inconvéniens très-graves.En effet : les carronades sont-elles tirées avec de fortes charges?alors le recul est tellement violent, qu’elles brisent leurs braguessi on les amarre, et que si on ne les amarre pas elles renvei’-sent tout sur leur passage ; car la différence du poids du pro-jectile au poids de la pièce étant proportionnellement beaucoupmoins grande pour les carronades que pour les canons, le reculest aussi d’une beaucoup plus grande violence (i).

Se borne-t-on à tirer les carronades avec de faibles charges ?alors on a une faible vitesse, qui est absolument insuffisantepour tirer de loin, et qui ne suffit pas toujours pour tirer deprès ; car s’il est avantageux de ne pas traverser le bord ennemipar un projectile trop rapide, il est cependant nécessaire de

(i) Nous consignerons ici une observation intéressante qui nous a été faite parM. Marestier, officier du génie maritime : Quand la brague fixe est très-fortementtendue , tout se comporte bien et sans secousse, parce qu’alors la tension du cordagene cède que graduellement au fur et à mesure de l’inflammation de la poudre (quicomme on sait est loin d’être instantanée) ; mais quand la brague laisse à la pièce unpeu de jeu, alors tout brise, parce que le recul n’ayant pas commencé à être contenudès son origine , a trop acquis de violence au moment où la brague se tend pour luirésister. Cette observation qui est importante pour le service, n’infirme en rien ce quiest dit ici, d’après l’expérience , contre les bouches à feu qui sont trop légères , euégard à leur projectile ; car il n’est pas toujours convenable de tirer à brague fixe ,et il est impossible d’obtenir dans une brague fixe une forte tension qui demeureconstante.

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