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DE LA. MARINE ACTUELLE,de placer sur le terrain trois lignes successives de fusées, aux-quelles un homme seul mettrait le feu, au moment d’unecharge de cavalerie. Il est certain qu’un tel moyen empêcheraitun escadron de s’avancer; mais qui empêchera quelques cava-liers de venir mettre le feu avant la charge ? qui empêcherala cavalerie de passer à côté? Qui payera et portera une sigrande quantité de fusées? (i)
En France , on a également fait sur les fusées des expérienceset quelques améliorations ; mais on a jugé avec raison, qu’iln’y aurait pas une grande force à espérer de l’emploi de cettenouvelle espèce d’artillerie.
En Autriche , le lieutenant colonel Augustin a tiré en 1820,devant la cour, des fusées qu’on dit améliorées.
Les Danois , ayant été incendiés par les Anglais à Copen hague , s’occupèrent aussi des fusées : ils firent travailler à desexpériences, dans un château écarté, par des forçats mis ausecret. C’est là que M. Schumacher a, dit-on, imaginé les potsà obus et à grenades. Ce qu’il a fait de plus remarquable, cesont des fusées de signaux qui se voient à la distance de trentelieues. Ces fusées pourront être utiles pour les opérations géo-graphiques ; elles pourront aussi, être employées comme télé-graphes , mais elles ne sont pas une arme de guerre.
L’application et les talens des personnes qui perfectionnent *les fusées de guerre paraissent être grands ; mais ne sera-cepas du zèle et des talens consommés en pure perte? Et peut-onespérer que cette arme capricieuse puisse jamais rendre des ser-vices véritables, soit pour la guerre de terre, soit pour la guerremaritime? Et, dans les occasions où l’on a pu juger de l’effet desfusées, ont-elles rien fait qui ne l’eût été aussi bien et même beau-
(1) Une fusée pèse de dix à quarante livres, et coûte de 10 à 20 francs en France .
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