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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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MOYENS EXTRAORDINAIRES

des vaisseaux de ligne anglais , les fougasses quils avaient lan-cées devant Boulogne à nos canonnières, je proposai de donneraux torpilles la forme dun canot, et de les mettre en mouve-ment par une espèce de fusée de grosse dimension. La direc-tion continue du mouvement était conservée par une quillelégère prolongée très en arrière du canot, et un mécanismesimple faisait enflammer la poudre en heurtant le Bord enne-mi. On essaya ce moyen à Paris , les épreuves furent suiviessur le Bassin de la Villette, par M. le premier inspecteur gé-néral de lartillerie. Le premier essai réussit mal, parce que laforce motrice avait été placée trop loin du centre de gravité delohjetà mouvoir; le second essai réussit mieux ; et au troisième,le canot parcourut soixante-dix toises en ligne droite, avec uneassez grande vitesse; enfin, une quatrième épreuve allait êtrefaite lorsque nous partîmes pour la Russie (i).

Cette expérience na pas eu dautre suite, et il serait peu in-téressant de la reprendre; car, outre la difficulté dassurer ladirection dans une mer agitée, il y a Beaucoup moins à espé-rer dune quantité de poudre enflammée à la surface de leaucontre un Bâtiment, que dune quantité même Beaucoup moin-dre placée au-dessous de la quille.

(i) Nayant pu obtenir de faire faire pour cette épreuve une fusée très-grosse quieût été convenable , il fallut y snppléer au moyeu de trois fusées de force médiocre ,réunies en un seul faisceau. Ces demi-mesures sont ce quil y a de plus parfait pourfaire manquer une expérience. Un fait à citer ici ( car en physique, et par conséquenten artillerie , les faits sont tout ), cest que la fusée , placée dans laxe du canot au-dessous de la surface de flottaison , brûlait très-bien au milieu de la masse deau ( donton lavait garanti jusquau moment de mettre le feu, au moyen dun parchemin gras).Un autre fait, cest que les mêmes fusées employées, qui crevaient souvent en lair ,ne crevaient pas dans le cas beaucoup plus défavorable ou elles avaient un canot àtraîner; ce quon avait obtenu en renforçant extérieurement la fusée de plusieurscouches de ficelle fortement serrée.