i35
PROPOSÉE POUR LA MARINE,il est peu nécessaire d’avoir des pièces qui pèsent 200 fois au-tant que leur projectile, pour obtenir de très-grandes portées ;nous nous bornerons donc à inscrire ici les conclusions sui-vantes portées aux procès verbaux dressés par les officierschargés de ces épreuves : « On ne peut douter de l’efficacité» de la carronade de 56. » « On ne peut douter du bon effet» des carronades de 36 à la distance de 800 toises. » Enfin :« Les carronades de 24 produiront au moins autant d’effet que» les canons de 18. » ( Copie des procès verbaux . )
Nous citerons surtout ici les travaux continués avec persé-vérance et l’opinion fortement prononcée de M. le premier in-specteur-général de l’artillerie La.riboissière : il pensait depuislong-temps qu’au moyen d’une artillerie rendue subitementtrès-supérieure par l’emploi des projectiles creux, l’on pour-rait, même avec une flotte faible, s’emparer de l’empire desmers; il avait fait, étant directeur à Strasbourg , divei’ses épreu-ves , que nous avons rapportés au chapitre précédent ; il avaitconféré de cet objet avec le chef du gouvernement, et s’était faitaccompagner dans la campagne de Russie par quelques officiersd’artillerie de marine. Le projet du général Lariboissière (dont ilnous a entretenu souvent) était de faire préparer par les arsenauxdu service de terre, des boulets creux de 36 et de 24, d’exercer nosartilleurs à s’en bien servir, et de transporter tout à coup àbord de la flotte française, ce personnel et ce matériel ainsipréparés, pour faire une attaque hardie contre l'Angleterre.