PROPOSÉE POUR LA MARINE. 41
Napoléon était persuadé que des projectiles creux de fortcalibre, étaient le plus puissant moyen de combattre des bâti—timens de guerre, et par les mesures qu’il ordonna dans lavue d’empêcherles vaisseaux Anglais d’approcher de nos côtes,on va juger de ce qu’il eût fait, s’il avait spécialement re-cherché le moyen de les combattre en pleine mer.
Il voulait qu’on se servît d’obus au lieu de boulets massifs,pour tirer les canons de 36 de côte; il lit donner dans les batte-ries 3oetmême ioo obus à chacun de ces canons, ce qui n’avaitjamais eu lieu jusqu’à celte époque ; et il fit enseigner aux gar-des-côtes à s’en servir.
Il donna ordre qu’on s’occupât d’en perfectionner l’usage ;et sans parler de ce qu’il peut avoir prescrit au ministère de lamarine, et dont nous n’avons pas connaissance, nous pour-
i8i3. Les événemens empêchèrent qu’il fût alors donné suite à ma proposition ;mais les loisirs de la paix m’ayant ensuite permis de reprendre mon travail avec as-siduité , pour le rendre moins imparfait, je le présentai en 1819 au gouvernementà peu près dans l’état où il est aujourd’hui. Quant à la navigation par les machi-nes à vapeur, dont il sera parlé au huitième livre, c’était une idée trop publiquementen circulation, et trop immédiatement relative à la marine , pour que je 11e cher-chasse pas comment ce moyen pourrait se combiner avec l’emploi des canons à bombes.Te terminerai cette note en disant avec reconnaissance : que j’ai trouvé toutes espèces,de facilités , soit dans les personnes , soit dans les choses ; j’ai eu à ma disposition lesarchives de l’artillerie ; j’ai été placé près des premiers chefs et près des officiers lesplus distingués de ce corps ; et j’ai reçu les conseils des personnes les plus instruites ; je11e les cite point toutes, parce que dans un si grand nombre je craindrais de commettredes oublis, qui seraient inévitables , puisque mon travail est commencé depuis douzeans. J’indiquerai seulement les sources principales oh j’ai puisé avec le plus de succès,etqui sont : les travaux de M. de Gribeauval , restaurateur de l’artillerie moderne ; lesécrits du colonel Villan trois ; l’ouvrage allemand du général Scharnhorst ; et les re-gistresdu comité et du dépôt central de l’artillerie.