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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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j46 NOUVELLE ARTILLERIE

la marine refusait les projectiles creux, non parce que ces pro-jectiles ne produisent pas assez d’effet , mais parce qu’ils enproduisent trop; et le motif donné jusqu’à présent, pour nepas les admettre, a été en effet le péril qu’il y aurait à les em-ployer à bord.

Comme nous consacrerons un chapitre particulier à répondrespécialement eten détail à cette objection (voyez chapitre trente-sixième ) , nous dirons seulement ici : que le danger d’employerles projectiles creux sur les vaisseaux, a pu, tant que ces projec-tiles n’ontpointété une chose familière, paraître un motif raison-nable d’en retarder l’admission; mais que dans aucun temps, ce n’apu être une objection juste à opposer à l’emploi de ce moyen, quede dire que l’ennemi venant à l’adopter aussi, la mer ne seraitplus tenable ; car si la mer cessait d’être tenable par les marinesmilitaires, ne serait-ce pas ce qu’il pourrait arriver de plus fa-vorable à la prospérité publique, ne serait-ce pas pour le com-merce presque la liberté des mers ?

Mais d’autres causes ont pu aussi contribuer à retarder l’emploidu puissant moyen de destruction, dont nous proposons icide rendre les effets encore plus redoutables par l’agrandisse-ment de ses proportions.

Et en effet : d’après divers essais, on a proposé à la marined’abandonner les boulets massifs de 36 et de 24 qui portentloin et fort, pour y substituer des obus de même calibre;mais ces essais avaient-ils toujours été faits avec les soins con-venables? En offrant des résultats avantageux sous quelquesrapports, en avaient-ils toujours offert qui fussent irrésistible-ment convaincans sous tous les rapports ? et par exemple, lesfaibles obus excentriques de 6 pouces et de 24,employés jus-qu’à présent dans les obusiers ou dans les canons, donnent-ilsréellement tout ce qu’il est nécessaire d’avoir , pour la jus-