PROPOSÉE POUR LA MARINE. 147
tesse du tir, la violence du choc et letendue des portées (i)?
Ne faut-il pas convenir aussi : qu’en réunissant, comme nousl’avons fait, une longue série de résultats d’expériences et d’o-pinions précédemment énoncées , on voit ressortir un enchaî-nement et une force de preuves, que ces faits et ces opinionsne pouvaient pas isolément présenter.
Enfin, il n’avait pas encore été question de tirer horizontale-ment les grosses bombes; ou si l’on avait vaguement conçu l’idéede porter le tir des projectiles creux aux grandes et fortes pro-portions qu’il est susceptible d’atteindre , il ne paraît pas dumoins, qu’on ait jusqu a présent proposé de bouches à feu con-venables , ni qu’on ait résolu la question sous le rapport de lapossibilité usuelle.
Or l’autorité, qui est responsable , ne peut admettre les in-novations : que quand elles sont tout-à-fait mûres; quand leursavantages sont devenus évidens ; et quand leurs inconvénienspratiques ont pu être entièrement écartés.
Et pourquoi s’étonnerait-on qu’une amélioration ne fût qued’aujourd’hui, sur une matière qui est réellement encore dans sanouveauté ? C’est seulement en i ^63 qu’on a vu que la fuséedes bombes s’allumait d’elle-même par le feu de la pièce , etpar conséquent jusqu’à cette époque on ne pouvait avoir la
(i) Que peut-on attendre d’obus de 6 pouces qui sont du calibre de 32 , tirés dansdes canons de 36, canons qui souvent ont le diamètre intérieur de 38 à/jo, et où lèventbeaucoup trop large entre la pièce et le projectile , cause inévitablement de grandesdiminutions de portée , des déviations considérables , et des battemens destructeursd’un projectile que son excentricité rend fragile? Que peut-on attendre d’un obusde a4 qui ne pèse que )3 livres, lorsqu’il devrait en peser 16 à 17 ? et quels in-convéniens ne sont pas résultés dans divers essais : de l’emploi des fusées en bois ,de letir saillie, de l’omission des sabots, de l’usage des culots excentriques, etc. , etc.