DES NOUVELLES ARMES.
dépendainment de la longueur , des diamètres, et des épais-
seurs, doit être suffisante pour amortir le recul, dont l’effetdans les pièces trop légères est à la lois si incommode et sipromptement destructeur des affûts.
Souvent ce n’a été qu’en satisfaisant aux deux conditions
de la longueur et de la résistance qu’on s’est trouvé avoir plus
ou moins satisfait à la condition d’inertie ; et il est résulté
de cette inattention, quelques Louches à feu trop légères et très-défectueuses, particulièrement les obusiers.
La condition d’une inertie su flisante , impote d’autant
rmine les dimensions d’une bouche à feu ,projectile doit être plus grand • on trouveradans la note ci-dessous détails tendants à établir la
nécessité de l’inertie (i).
(i) U est peu difficile de prouver iu nécessité de l’ikertie des bouches à t’eu ; en
effet : la poudre de la charge en s’enflammant agit dans tous les sens à la fois ; elle
pousse la pièce en arrière et le boulet en avant. Si en conservant la même charge et
le même boulet on diminue le poids de la pièce , le recul augmente. Si l’on diminue
davantage le poids de la pièce, le recul augmente encore. Si , par exemple, on sup-pose un boulet pesant 100 livres, dans un canon libre de reculer ne pesant que iolivres ; il est évident que le canon sera lancé en arrière beaucoup plus loin que leboulet en avant; le centre de gravité du système de la pièce et de son projectile sera
invariablement resté au même point; la pièce et le projectile avant été lancés chacunde son côté en raison de leurs poids respectifs. La bouche à feu joue donc dans cetteaction , un rôle identiquement semblable à celui de son projectile ; et les affûtssont d’autant moins tourmentés , que les bouches à feu étant plus lourdes font
moins l’effet de projectiles , et sont moins vivement lancées en arrière.
L’expérience est parfaitement d’accord avec ce raisonnement. On sait que les car-ronades qui sont très-légères brisent leurs affûts quoique tirant à faible charge,tandis que les canons du même calibre conservent les leurs quoique tirant avec unecharge triple. On sait que les obusiers russes, qui sont très-lourds, peuvent avoir desaffûts extrêmement légers quoique tirant avec une très - forte charge ; tandis queles obusiers français , qui sont très-légers, brisent des affûts excessivement solides,