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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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i56 DÉTAILS ET DIMENSIONS

Dans le cas où nous nous trouvons, c’est-à-dire, ayant à fairedes canons dont l’âme ait un diamètre assez grand pour rece-voir des bombes: nous ne serons point limités dans l’accrois-sement du calibre , par la nécessité d’accroître proportion nel-

quoique tirant avec des charges si faibles que leurs obus n’ont pas de portée. C’estpar cette cause encore : que" dans une expérience à Alexandrie en i 8 oq, le mêmeaffût résistait bien sous un gros canon de siège de 24 pesant 54 oo liv. ; tandis qu’avecla même charge, le même boulet et le même angle de tir , il était disloqué et brisésous un canon de 24, modèle de l’an XI, pesant seulement 285 o livres. Et quel exemplepourrait-on citer en sens contraire de ceux-ci , pour faire penser qu’une pièce légèrepeut tirer à forte charge sans briser son affût ?

Les personnes qui pensent que le poids des bouches à feu n’est pas indispensable àla conservation des affûts , diront : que d’un côté une pièce légère a moins de masseet plus de vitesse; mais que d’un autre côté une pièce lourde a moins de vitesse, maisplus de masse; et que dans les deux cas la quantité de mouvement contre l’affût esttoujours la même. Elle est la même, oui ; mais l’effet d’un choc produit par plusde vitesse, est tout autrement destructeur que l’effet d’un choc produit par plus demasse ; et tel homme est tué par une balle d’une once animée de la vitesse de 1000pieds par seconde, qui porteroit commodément un poids de 2000 onces arrivant surlui avec la vitesse d’un demi-pied.

On a voulu se soustraire à la nécessité de l’inertie, en augmentant le poids del’affût ■ le recul, en effet, diminue par ce moyen ; mais puisque le poids total de lapièce et de son affût reste alors le même , n’est-il pas plus raisonnable ,d’accroîtrela portée et la justesse de la bouche à feu en augmentant sa quantité de bronze , qued’accroître la quantité du bois et des ferrures qui sont des matières promptementdétruites. On a cherché aussi à procurer dè la stabilité aux bouches à feu légères : soiten donnant telle ou telle forme à l’affût, ou à quelques - unes de ses parties : soit enemployant telles ou telles ferrures; soit en plaçant de telle manière l’axe des tourillonsou leur encastrement ; soit par divers changemens à la chambre dans les pièces qui enont. Mais comme jusqu’à présent on n’a pu établir aucune machine frêle , qui fût ca-pable de produire des effets puissans ; comme aucun succès obtenu n’apu faire espérerde trouver l’inertie autre part que dans la pesanteur ; et comme en mécanique il estbeaucoup moins difficile d’obéir aux lois naturelles que de les éluder : nous ne pro-poserons pour les projectiles, dont nous recherchons ici le calibre , que des gran-deurs telles, qu’il y aura un rapport suffisant entre le poids de chaque projectile'èt celui de sa bouche à feu.