AUX OBJECTIONS. 2 5 7
jamais quand on charge les pièces à terre, éclateront en leschargeant sur mer ; supposons qu’on a cherché les précautionsfaciles qui peuvent écarter tout danger, et que loin de les avoirtrouvées , il soit arrivé des accidens malheureux, qui pourtantne sont jamais arrivés (i) ; supposons enfin que les projectilescreux sont véritablement inadmissibles à bord des vaisseaux ,qu’en pourra-t-on conclure? On en conclura qu’un vaisseaude haut-bord peut être détruit au moyen d’une arme dont il luiest interdit de se servir lui-même. Or, ce sera prononcer à lafois , et la condamnation des très - coûteuses constructions dehaut-bord, et l’admission inévitable des constructions écono-miques et simples que nous proposons dans cet ouvrage.
Avec ces nouvelles constructions , en effet, il ne s’agira plusde vastes citadelles armées de 126 bouches à feu, et défenduespar 800 combattans ; il ne s’agira plus d’employer et de fairecirculer à bord des centaines de projectiles et des milliers delivres de poudre , parmi les feux de tant.de canons, au risque' de la vie de tantd’hommes, et au milieu du désordre inévitabledans un tel combat : les bâtimens nouveaux seront de petiteou tout au plus de moyenne grandeur ; ils auront des équipa-ges peu nombreux ; ils ne porteront qu’un nombre modéré depièces d’artillerie ; il sera peu embarrassant d’y prendre lesprécautions convenables et d’en bien surveiller l’éxécution.
Enfin s’il était vrai, comme on l’a dit, pour ne pas admettreles projectiles creux, que l’explosion d ? un seul obus de 24 oude 36 à bord d’un vaisseau fût tellement dangereuse, que pour
(1) Une forte raison de croire qu’aucun accident n’est arrivé, c’est quelles per-sonnes les plus à portée de savoir ce qui s’est fait , et qui ont recueilli le plus demotifs contre l’admission des projectiles creux, ne citent que des inquiétudes vagueset pas de faits à l’appui de leur opposition. 1