AUX OBJECTIONS. 241
à i5 livres pût lancer à la même distance, une bombe du ca-libre de 15o, qui sera sollicitée vers la terre par un poids ab-solu de 100 livres, qui opposera à l’air une surface très-grande^et qui aura une pesanteur spécifique égale seulement aux deuxtiers de celle du boulet de 36 ?
Nous répondrons à l’objection par un fait : et ce fait c’est quel’obusier espagnol de 8 pouces, tiré avec la charge du canon de24 (huit livres), projette sa bombe, qui est du calibre de 80, àdes portées qui sont à peu près celles du canon de 24 (1) ; et noscanons à bombes auront encore plus d’avantage que les obu-siers espagnols, parce qu’ils auront un obus d’une densité plusgrande , et surtout parce qu’ils seront deux fois aussi longs queces obusiers. Or la portée croît avec la densité du projectile 5 etl’accroissement de longueur d’une bouche à feu est très-utileà l’accroissement de sa portée, surtout lorsque cet accroisse-ment de longueur est aussi considérable.
Mais quand bien même cette expérience ne nous aurait pasfourni la réponse incontestable d’un fait auquel il serait difficilede répliquer , ne voit-on pas?
i°. Que d’un côté : l’action de la poudre enflammée ne s’exercedans le canon de 36 que sur une splière dont le grand cercle aseulement 3i pouces carrés de surface } taudis que cette actions’exercera, dans le canon à bombes de i5o, sur une splière dontle grand cercle aura une surface de 78 pouces carrés.
2 0 . -Que d’un autre côté : le vent qui laisse échapper la poudreenflammée autour du projectile, estde 2 ligues 6 points dans lescanons de 36 de la marine ; tandis que ce vent 11e sera que de1 ligne 6 points dans les canons à bombes, comme dans les
(i)Ces portées en effet, sont de 1200 toises quand 011 tire l’obusier comme un ca-non , et de 1800 à 1900 toises quand on le tire comme un mortier.
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