^OG RÉPONSES
tement achevées, n’exigeront plus qu’on entretienne en tempsde paix un matériel aussi considérable qu’en temps de guerre ?
CHAPITRE XLYIII.
L’emploi d’un moyen trop destructeur ne sera-t-il pas con-traire à la morale, à l’humanité, aux usages de la guerre?
C’est la guerre elle-même qui est contraire à la morale et àl’humanité; mais comme toujours il y aura des ambitions, tou-jours aussi il y aura des guerres; toujours par conséquent lesmoyens de destruction seront employés, et toujours on culti-vera l’art de donner à ces moyens la plus grande puissancepossible.
Sans doute les progrès de l’art de détruire sont eu eux-mê-mes haïssables; mais les progrès d’un art quelconque ne sontpas une chose qui puisse être évitée, et ce serait d’ailleurs unefausse croyance que de regarder le perfectionnement des ar-mes comme un malheur ; car à mesure qu’elles détruisent da-vantage on s’approche moins, et l’histoire atteste que les mœursde la guerre sont devenues moins féroces, et les combats moinssanglans, à mesure que les moyens de combattre se sont per-fectionnés. L’opinion des hommes les plus éclairés et les plushonnêtes est depuis long-temps fixée sur cette question.
Dans le cas particulier qui nous occupe, les bombes sont-ellesdonc une chose nouvelle? Et d’ailleurs, est-il plus cruel de tuerson adversaire avec des bombes, que de le tuer avec des bou-lets. ou de la mitraille ? Est-il plus déloyal d’employer lesprojectiles creux contre les troupes de mer, que contre les