FAITS POUR LES NOUVELLES ARMES. 3.c,
on aura l’inconvénient de ne pas tirer des coups aussi nombreuxqu’ils seront puissans, et celui d’avoir un bâtiment très-mobileen proie aux agitations de la mer. En balançant ces inconvé-niens et ces avantages, on déterminera la grandeur qu’il seraconvenable de donner à cette espèce de navires, et par suitele nombre des canons à bombes, qui, placés à l’avant et à l’ar-rière composeront son armement.
La marche du navire devra être assez rapide pour qu’iléchappe à un grand vaisseau qui voudrait l’écraser par son choc;mais il sera à examiner : si celte vitesse ne doit pas être princi-palement le résultat de la force de la machine à feu; car si elleétait trop particulièrement le résultat d’une finesse exagérée desformes , on tomberait dans plusieurs inconvéniens.
Les bouches à feu, qui pour ce navire ne seront point établiessur les flancs, pourront ne pas être placées tout-à-fait à l’ex-trémité de l’avant ou de l’arrière; mais au contraire être retiréesautant que la construction le permettra vers le milieu dunavire ; et alors on ferait le seuillet de leurs sabords arrasant uneespèce de pont bas, comme à certaines galères (i).
Cette disposition, en plaçant les poids plus au centre, dimi-nuerait les effets de tangage; elle placerait les sabords dans unrentrant où ils seraient abrités contre la lame ; et elle oppo-serait aux projectiles de l’ennemi : soit un glacis sur lequel cesprojectiles ricocheraient, ce qui les ferait s’élever au dessus dusabord, sans y entrer; soit un parapet où ils s’arrêterait, car letour des sabords et toute la partie au-dessous de leur seuillet,n’existant ici que pour un petit nombre de sabords à l’avant et
(i) Rien entendu que le petit avant-pont en avant des sabords serait assez court;qu’il serait assez abaissé à sa pointe, et que les sabords le domineraient assez, pour quele tangage ne dérobe jamais la vue de l’ennemi.