BATIMENSNOUVEAUX
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Au reste, ce qui fait que l’artillerie ajuste bien ou mal à la
mer : ce n’est pas seulement la justesse des bouches à feu , ou
leur bon emplacement, ou la grandeur des bâtimens qui tou-
jours ont pour tirer juste, beaucoup trop de mobilité quelquegrands qu’ils soient. Ce qui permet en mer une espèce de justessede tir, c’est surtout, et c’est presque uniquement, la-propos
du départ du coup, dans l’instant où l’oscillation met la pièce
dans une position convenable. Or le seul moyen de saisir
cet à-propos : c’est d’avoir des canonniers adroits
et des pi
tines qui partent vivement (par exemple"celles à poudre
tention , quand il s’agit d’un petit navire , qui est à proportion plus vivement tour-
menté par la mer ; mais on peut observer à ce sujet : i°. que notre petit navire ayant
une grande force de membrures , ayant son artillerie peu lourde et peu élevée , n’ayantque peu de mâts et de voiles, et même n’en ayant pas pendant le combat, offrira peude prise à l’air, et sera peut-être en état d’être beaucoup plus fortement maintenucontre la mer qu’un bâtiment ordinaire du même port; 2 0 . que s’il est vrai que lelangage cause des mouvemens combinés moins prévus et moins réguliers que ceux duroulis ; ce en quoi notre tir d’avant sera contrarié ; il est également vrai que ce mêmetir sera favorisé en cela : que les oscillations par le tangage, font décrire au bâtimentdans le sens de sa longueur, des angles dont l’ouverture est beaucoup moins grande quecelle des angles causés par le roulis; et que s’il arrivait que les angles de tangage denotre petit bâtiment fussent moins ouverts que les angles de roulis d’un vaisseau oud’une frégate ( ce qui est probable), il arriverait aussi que les angles de tir de nospièces d’avant, éprouveraient des variations moins grandes que celles des angles de tirdes pièces de tribord et bas-bord sur les vaisseaux et frégates. 3°. Enfin, que si notrepetit navire a des agitations plus vives que les grands bâtimens, la justesse du tir yperd seulement en cela, qu’on a moins de temps pour saisir l’à-propos du départ ducoup, mais qu’elle y gagne d’un autre côté, en cela que cet à-propos se présente plusfréquemment. Quant aux coups directs de la lame contre les sabords d’avant, ils se-raient brisés par un avant-bec protecteurdes sabords. Enfin il est vrai qu’un petit na-vire sera très-contrarié pour le service de son artillerie par les gros temps; mais cesgros temps sont un cas d’exception, et l’inconvénient sera compensé, par la supério-rité que prendront les petits bâtimens à vapeur sur les grands vaisseaux lorsque ceux-ciauront des vents faibles, ou des temps calmes, ou des vents contraires.