DE COTES, ET DE CAMPAGNE. 35r
Le premier obusier, pour lancer horizontalement des gre-nades ou obus, a été fait en 1602 , au siège cl’Ostende , par unoffieier français . Les Hollandais avaient des obusiers de cam-pagne avant 1693 , puisqu’on leur en prit plusieurs cette annéeà la bataille de Nerwinde.
les Prussiens , les Espagnols et aujourd’hui les Anglais , ont des obusiers meilleursque nos anciens obusiers français -; les livres étrangers donnent à cet égard tousles renseignemens possibles ; le secret serait donc sans objet, tandis que la publicitésera utile en France pour l’instruction des jeunes élèves d’artillerie — Des ingénieursfort habiles ont prouvé par quelques erreurs, que les notions justes sur l’emploi desprojectiles creux, et les effets qu’ils peuvent produire , ne sont point encore très-ré-pandus et fermement établis; il résulte de là une instruction insuffisante pour lesjeunes officiers; il en résulte aussi , quelques imperfections dans les projets defortification qu’on enseigne, etpeut-être dans ceux qu’on exécute; d’ailleurs les armesqui sont ici proposées , produiront des effets nouveaux pour l’attaque des places. Or laposition actuelle de la France , est d’avoir beaucoup de fortifications à bien bâtir ou àbien réparer, et d’avoir un jour à combattre beaucoup de fortifications neuves, élevéesrécemment contre nous. — Ma proposition des obusiers-canons a été impriméeen 1814 avec autorisation du ministre; et en 1818 , mon mémoire sur les obusiers decampagne a été répandu par plusieurs personnes ; donc en i8ai le secret est impos-sible. — La dernière édition de l’Aide-Mémoire parle publiquement des nouveauxobusiers pour les attaquer ; donc on peut en parler publiquement pour les défendre.— De grandes épreuves ont eu lieu sur ces obusiers dans plusieurs villes pendantdeux années de suite, et ces épreuves se continuent ; or , peut-on regarder de tellesexpériences comme n’étant pas publiques? — La permission m’a été donnée depublier mon ouvrage sur les canons à bombes ; or ces canons donnent, par un corol-laire évident et immédiat, tout ce qui est relatif aux obusiers , et c’est d’ailleurs descanons à bombes , et de leur emploi à terre , que je parle principalement dans cet ap-pendice. — Si je publiais mon travail sur les nouvelles bouches à feu de marine sansparler des obusiers , il semblerait que ce sont les obusiers nouveaux qui m’ont fournice que je propose pour la marine; tandis qu’au contraire , c’est de mon travail sur lamarine ( commencé en 1809 , annoncé et communiqué en 1813 ) que j’ai tiré et offert,d’abord en 1814, puis en 1818, les propositions qu’on essaie aujourd’hui ( après lesavoir rectifiées) pourl’améliorationdesobusiers duservicede terre. — Loin de moi ce-pendant l’idée de vouloir ici réclamer le moindre droit à aucune invention quelconque.On peut voir ce qui est dit à ce sujet dans la note qui commence à la page i 3 g.