Buch 
Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
Entstehung
Seite
353
JPEG-Download
 

555

DE COTES ET DE CAMPAGNE,la fusée cle ces projectiles, sans qu’on soit obligé de mettre sépa-rément le feu à l’une et à l’autre. En 1770, M. de Gribeauval ,(et avant lui M. de Morogues et d’autres officiers) avait pro-posé de tirer des obus dans les canons de gros calibre. D’unautre côté, les Russes avaient depuis la guerre de sept ans, desobusiers allongés, à peu près semblables à des canons. Lamarine anglaise avait fait en 1774 Es carronades ; qui prou-vent qu’on peut employer une chambre cylindrique au fondd’une pièce allongée (1). Enfin, tandis que les obusiers fran-çais, anglais , autrichiens et autres demeuraient faibles et de peud’effet : les Prussiens et les Espagnols faisaient de forts obu-siers, capables de supporter la charge de poudre suffisante,sans laquelle on n’obtient pas de portée (2).

L'expérience de la guerre, ayant fait apprécier à la fois lapuissance des obus et l’impuissance de nos obusiers (3) , on fîtenFrance, de 1793 à i8o3, divers essais, sur le tir des obus dansles canons de siège ; sur le tir des grenades dans les canons de

(1) Les carronades sont faites pour tirer des boulets massifs; mais elles ont de l’ana-logie avec les obusiers, en ce qu’elles offrent le moyen de tirer un projectile de groscalibre, par unebouche à feu d’un poids très-modéré. La même idée avait été proposéeen France , par M. de Ressons en 1720, par le chevalier Folard, en., etc.

(a) Les Anglais ont aussi fait récemment, un obusier de 24 , en fonte de fer , ayantsix calibres de long, et pesant 1 3 quintaux (mesure anglaise ).

(3) La faiblesse de 1 obusier français de 8 pouces est telle : que pour porter son obusseulement à 200 toises, c’est-à-dire presqu’à bout portant, il faut tirer sous l’anglede 5 à6 degrés , tandis que sous ce même angle, le plus petit de tous les canons, celuidu calibre de 4 , porte à 600 toises. La faiblesse de l’obusierde 6 pouces n’est pas aussiexcessive j mais elle est encose assez grande , pour que cet obusier ne puisse pas avoirla meme portée que les plus chétifs canons de campagne.

45