DE COTES ET DE CAMPAGNE. 36r
bronze inutile aux épaisseurs , au bout de la pièce, pour aug-menter sa longueur et par conse'quent sa justesse et sa por-tée (i)?
L’utilité ou meme la nécessité d’avoir une chambre dans lesobusiers (surtout pour ceux de gros calibre) ; n’est point un ob-stacle à l’allongement de ces bouches à feu : les carronades etles licornes en sont la preuve ; il suffit de^tracer le raccorde-ment de l’âme avec la chambre , de manière à favoriser l’intro-duction de la gargousse (2).
Pour se battre de loin, une pièce allongée est évidemmentpréférable à une courte; mais lors même qu’on se bat de près,un fusil ne vaut-il pas mieux encore qu’un pistolet?
Un obusier court se pointe moins juste qu’un long ; il donnepour une même charge de poudre, moins de vitesse, moins declioc, moins de portée; il n’entre pas dans les embrasures; ilporte mal sa mitraille ; il ne comporte pas l’emploi des sabotsqui sont très-avantageux ; il se charge plus lentement ; il donnemoins de chances à la fusée de l’obus de s’enflammer.
Quand on a fait des obusiers-mortiers, on a jusqu’à présentdiscuté sur la longueur de leur âme ; on a exprimé cette lon-
(1) Avec la meine quantité de bronze, l’obusier allongé a déplus l’avantage d’avoirassez peu de diamètre extérieur pour se prêter à être monté sur des affûts de canons,taudis que l’obusier court et épais ne permet pas de jouir de cet avantage.
(2) Quand j ai proposé l’essai d’obusiers longs de campagne , j’avais pensé qu’avecle» calibres de i \ et 32 , beaucoup moins forts que ceux des canons à bombes, onpourrait se passer de cliambre : c’était une chose vraie sous le rapport de la portéeainsi que l’experience en a donné la preuve ; mais il fut avec raison objecté, que ceserait un obstacle à l’emploi facile des faibles charges. Je répondis à celte juste obser-vation , en présentant le dessin des mêmes obusiers , oh par le tracé même on voyaitque la chambre cylindrique est aussi praticable avec des obusiers - canons, qu’avecdes obusiers-mortiers. Voyez planche sixième.
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