392 BATTERIES DE SIÈGE , DE PLACES,
laque réellement très-redoutable. Cet habile ingénieur avaitbien jugé de l’effet de nos projectiles, mais il s’ôtait trompésur ce qu’il était possible de faire avec nos bouches à feu ; etles puissans projectiles creux dont il avait grandement raisonde réclamer l’emploi, ne pouvaient être tirés convenablementdans les directions horizontales que par l’introduction de bou-ches à feu nouvelles. Ce que voulait Bousmard était très-utile,mais d’une exécution alors impossible ; or le canon à bombesfera disparaître L’impossibilité.
Quand les troupes de l’assiégé feront une sortie, les canonsà bombes de l’assiégeant, pouvant lancer d’un seul coup centlivres de mitraille à forte charge, produiront contre la sortieune exécution à laquelle aucun effet actuel de mitraille ne sau-rait être comparé.
Quand on sera dans les batteries à ricochet rapprochées dela place, peut-être réussira-t-on, au moyen des canons àbombes, à opérer un tir d’une espèce nouvelle, qui paraîtraitpropre à fournir des effets éminemment destructeurs : ce seraitla grosse mitraille à ricochet.
Une bouche à feu du calibre de 80 , pesant 56oo livres, ettirant de près a faible charge , pourrait sans briser son affût,projeter plus de i5o livres , soit de grosses balles de fer, soitde cailloux, soit de grenades; et cette gerbe de projectilesvenant à tomber, avec une vitesse encore suffisante, sousl’angle descendant des ricochets, dans le prolongement desterres-pleins de la fortification , il en résulterait probablementun effet tel, que le terre-plein et tous les environs d’un ouvrage