DE COTES ET DE CAMPAGNE. 5 9 5
le coffre de cette batterie. Cette explosion tourmente la tête dessapes} elle va porter ses éclats meurtriers dans les tranchées ;elle fait sauter les magasins de batterie; elle brise les roues desaffûts, et elle met le désordre partout. L’explosion des projec-tiles creux compense d’ailleurs l’inexactitude du tir. Ces pro-jectiles sont aussi les plus propres de tous à être lancés avec peude vitesse pour aller bondir de tous côtés en roulant ou rasant lasurface du terrain ; ils n’exigent qu’une très-faible consomma-tion de poudre, ce qui est fort important pour les places oùl’on en manque toujours ; enfin ils offriraient, sous tous les rap-ports, ce qu’il y a de plus avantageux à attendre des effet s del’artillerie pour la défense, si les obusiers des modèles en usageavaient la faculté de les bien lancer.
Les gros canons, il est vrai, peuvent suppléer à l’extrêmedébilité des obusiers : ils tirent bien les projectiles creux, etun obus bien fait de 24, lancé par le canon de ce calibre ,est un excellent moyen de défense. Mais à quoi bon employer56 oo livres de bronze avec tous les embarras, toutes les len-teurs , toute la dépense et tous les périls qui s’ensuivent, lors-qu’il s’agit de tirer un projectile qui peut l’être parfaitementbien, avec une bouche à feu qui n’aura pas le quart de ce grandpoids, et qui remplira aussi bien le même objet? Et d’ailleursle gros canon de 24 ne réunit-il pas, à tous les inconvéniens desa grosseur, la contradiction de se trouver encore insuffisant?Le canon de 24 , en effet, est le plus gros de tous les canons,mais l’obus de 24 est le plus petit de tous les obus ; et serait-ilraisonnable d’admettre que les plus grands moyens fussentdestinés à produire les plus petits effets?
Il faut donc, pour le tir des projectiles creux dans les places,des bouches à feu qui ne soient pas les obusiers trop courts,trop légers et trop insuffisans dont on fait maintenant usage ; et