DE COTES ET DE CAMPAGNE. 3 97
ne serait, dépourvu ni d’intérêt ni de nouveauté, il serait peut-être facile d’établir les deux propositions suivantes :
i°. Le nouvel obusier-canon de 24 , ayant le calibre des plusgros canons de siège , ayant le poids et à peu pi'ès la longueurdu canon de bataille de 8 , et étant monté sur un affût qui pourraêtre à la fois élevé et roulant, sera une bouche à feu plus appro-priée qu’aucune de celles en usage, au service courant et autir le plus fréquent et le plus habituel de la défense des places ;et, en suppléant à presque toutes ces lourdes bouches à feu, ilpermettra de simplifier beaucoup l’armement (1).
2 0 . L’obusier de 8 pouces (calibre de 80) , proposé pour leservice des places, serait de son coté une bouche à feu, qui
( 1 ) \ oiciquelquesmolifs à l’appui de celte opinion : — L’obusier-canon de 24 (voyezsa description aux chapitres précédens) sera préférable pour la défense, aux canons debataille de 4,6,8, 12, en ce que, sans être moins mobile que ces canons , il aura la fa-culté de lancer avec force des projectiles qui, étant creux et d’un grand calibre, auront uneffet beaucoup plusconsidérablequel’elfelde leur petit bouletmassif.—Cetobusier serapréférable aux canons de siège de 8, 12, 16 et 24, en ce que, lançant un projectile creuxde calibre égal à celui du plus gros d’entre eux, il n’aura pas comme eux les inconvéniensd’être trop peu mobile, de consommer trop de poudre, d’exiger des manœuvres trop fa-tigantes et trop longues, et de demeurer avec son affût sur le rempart, exposé à larouille , à la pouriture et aux coups del’ennemi. — Ce même obusier sera préférableaux divers obusiers existans, en ce qu’il tirera beaucoup plus fort et beaucoup plusjuste ; en ce qu’il pourra servir sur les affûts élevés , ce qu’aucun d’eux 11e peut faire ;et en ce qu’il entrera très-bien dans les embrasures , où ils n’entrent pas du tout. —J-’obusier-cânon de 24, monté sur son ajful-élevé roulant , dispensera des embrasureset des barbettes ; il aura un large champ de tir qui permettra de voir beaucoup deterrain avec peu de pièces , et de placer des pièces utiles hors des vues de l’attaque ;il sera facilement conduit dans les chemins couverts , où, avec une très—simple plate-forme, il battra le glacis et la campagne ; il paraîtra sans délai dans tous les instansutiles, et disparaîtra commodément pour changer de lieu et revenir aussi vite qu’onle voudra, ce qui fera succéder une défense active a la défense immobile et morted’aujourd’hui ; cette bouche à feu sera partout quand il y aura des coups à donner , et