DE COTES ET DE CAMPAGNE. ogg
amélioration considérable pour le matériel d’artillerie destinéà la défense des places. Mais d’autres considérations, qui nousont fait regarder cette amélioration comme n’étant pas encoresuffisante, pour donner à la défense toute la force dont ellemanque , nous ont détourné d’entrer ici dans plus de détails.Voici succinctement ces considérations.
Dans toute l’Europe on a eu long - temps la même artilleriepour les batailles, les sièges, les places et les côtes ; et ce n’estque depuis un demi-siècle, qu’on a un matériel particulier pourla campagne, un autre pour les côtes, un autre pour les sièges ;mais on n’a point encore aujourd’hui un matériel d’artilleriespécialement disposé pour convenir à la défense des places. Etcependant les places fortes exigent, pour leur armement, à peuprès les deux tiers de la quantité totale d’artillerie qui est néces-saire dans un pays fortifié (i).
Et l’on ne dira pas que la défense des places ne demandepoint un matériel différent de celui destiné à l’attaque : ce seraitémettre une opinion fort étrange , contraire à l’évidence deschoses, et diamétralement opposée à ce qui a été dit sur cettematière, par les hommes les plus éclairés.
La vérité est : que c’est seulement depuis M. de Griheauval,et par lui, que les trois espèces d’artillerie ont été distinguées
(i) En France , par exemple, la proportion que l’expérience a fait juger être la plusconvenable, entre ce qui est respectivement nécessaire d’après les localités, et d’aprèsles usages actuels de la guerre, est approximativement celle-ci : soit ioo le nombretotal des bouches à feu nécessaires pour les divers services, il en faut 10 pour la caru-pagne, 4 pour les équipages de siège, 20 pour les côtes, et 66 pour la défense desplaces. (Voyez les divers ouvrages , mémoires , etc., sur cette matière. )