DE COTES ET DE CAMPAGNE.
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serait-il croyable qu’on pût la trouver convenir parfaitement àl’état actuel des choses , lorsque c’est pour un état de chosestout différent, qu’elle a été originairement constituée?
Et en effet : en jetant un simple regard sur noti’e matériel d’ar-tillerie des places, on voit bientôt qu’il offre une foule d’incon-véniens plus ou moins préjudiciables à la défense, tels que lessuivans. —Ce matériel est très-coûteux en bronze; il lui fautune grande quantité de bois, de fer et de fascinage ; il con-somme énormément de munitions de toutes espèces, et il exigeun personnel beaucoup trop nombi’eux. — Etant lourd, il nepeut avoir de mobilité qu’au moyen d’affûts à embrasures; etsi pour éviter les inconvéniens des embrasures on emploie lesaffûts de places , alors on n’a plus de mobilité, et on reste ex-posé aux coups qui détruisent tout en quelques jours de siège,quand les injures du temps n’ont point déjà tout rouillé, toutpouxù et mis tout hors de service avant que l’attaque soit com-mencée. — Les canons de siège sont des armes surabondantespour la défense, les canons de bataille sont des armes insuffi-santes , et les qualités que pourraient offrir les obusiers sontparalysées par les défauts de ceux en usage. — L’avantage propreet inhérent aux mortiers et aux pierriers , pour la défense, n’aencore été ni exactement apprécié, ni convenablement préparé.— Nos affûts de place élevés ne sont pas assez mobiles, et nosaffûts mobiles de siège ou de campagne ne sont pas assez éle-vés. — Pour obvier aux inconvéniens des affûts de siège et deplaces, on emploie des barbettes, mais ces barbettes obstruentles saillans, et elles sont inadmissibles aussitôt que l’attaqueest commencée. — Il n’existe aucune artillerie qui soit réelle-ment convenable dans les chemins couverts, où se trouveraienttant d’emplacemens précieux. — La grosse artillerie de siègeétant employée pour la défense des places, à laquelle elle con-