DE COTES ET DE CAMPAGNE. 4o3
il sera nécessaire d’organiser une artillerie spécialement conve-nable à la défense.
Or, pour faire ce travail, il est d’abord nécessaire d’enréunir et d’en étudier les élémens; élémens dont sans doute leplus grand nombre est aujourd’hui bien connu ; mais dont quel-ques-uns cependant ne sont peut-être point encore parvenus àleur maturité. En effet, lors même que pour entrer claire-ment dans cette question, l’on écarterait les discussions tropgénérales, telles que l’utilité, l’emplacement, le nombre, lagrandeur et l’emploi des places fortes -, le rôle que doivent et quepeuvent jouer leurs garnisons, etc. ; alors même, et en se renfer-mant dans ce qui est directement relatif à l’artillerie elle seule ,combien encore n’aurail-on pas de questions à poser, et com-bien de difficultés pour les résoudre ?
En quoi ce matériel, tel qu’il est, convient-il ou ne con-vient-il pas aux vieilles fortifications telles qu’elles existent,et aux fortifications neuves telles qu’on enseigne aujourd’hui àles bâtir, et aux procédés actuels de l’attaque, qui sont devenussi redoutables, et aux diverses époques de la défense , qui seressemblent si peu entre elles ?
Quelles sont les concessions réciproques, indispensables àconcerter entre les ingénieurs et les artilleurs, pour que lesfortifications et l’artillerie se conviennent mutuellement ; etpour qu’indépendamment de leur valeur propre , elles aientencore dans la pratique, toute la valeur quelles doivent pouvoirtirer l’une de l’autre ?
Dans quelles circonstances et à quelles époques de la défensel’artillerie d’une place doit-elle faire usage des six espèces de tirsuivantes : tir de plein-fouet ; tir à projectiles rasant le sol avecvitesse; tir à projectiles roulant sur le sol avec peu de vitesse;tir à ricochets bondissant derrière un épaulement; tir à ricochets