434 BATTERIES DE SIÈGE, DE PLACES,
tout briser. Mais en tirant des projectiles creux avec les chargesqui leur sont convenables, il deviendra possible, sans fatiguerles affûts, de donner à ces affûts, la faculté de permettre letir élevé pour atteindre aux distances presque toujours très-considérables, où l’ennemi se présente à la mer. On dira peut-être, que c’est fournir un moyen de prodiguer les munitions ;mais ne vaut-il pas mieux, quand l’ennemi est loin lui lancerquelques obus à toute volée, que de tirer ( comme on le fait au-jourd’hui dans ce cas) les gros mortiers, dont un seul coup exigeplus de consommation que n’en demanderaient trois à quatreobus? et faut-il se priver d’un moyen qui n’est que facultatif,et qui est quelques fois très-utile, parce.qu’en s’en privant,on obtient contre soi-même la certitude de n’en pas abuser?
4°. Le champ de tir de l’affût de côte de M. de Gribeauval estétendu; mais il peut l’être beaucoup plus. Pour obtenir cet avan-tage : il suflit de faire deVant l’affût un épauleinent, qui au lieud’être en ligne droite, forme devant chaque pièce, un angle ren-trant d’environ 120 à i3o degrés. C’est un simple problème degéométrie facile à résoudre. L’affût dans cette position, circuled’une quantité égale à l’angle de l’épaulement, sans cesser de s’a-vancer sur cet épaulement d’une quantité suffisante. Par cettedisposition, qui ne coûte absolument rien, quand on fait ouquand on répare les épaulemens : on battra une étendue don-née avec un moindre nombre de pièces ; ou si l’on conserveautant de pièces , on pourra en diriger un plus grand nombresur un même point; et l’on aura de plus l’avantage de pouvoirtirer latéralement, jusque sur le rivage, avec les mêmes piècesqui battent la mer , ce qui peut quelquefois être d’un fortgrand avantage.
5°. Enfin, l’affût de côte pourrait se faire en fonte de fer,sans être pour cela ni plus cher, ni moins léger à manœuvrer,