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Tome premier.
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être favorables ou désavantageux àl’ennemi.

Par la position des nôtres, &g>ar les conséquences que nous entirons - nous jugeons sûrement a-2ors des desseins présens , & deceux que nous pouvons avoir par|a fuite- C’est uniquement par cetteconnoiflance de tout un pays » oùl’on porte la guerre , qu’un grandCapitaine peut prévoir les événe-jncní de toute une campagne , &s'en rendre pour ainsi dire le m: î-íre ; car jugeant par ce qu’il fait,de ce que Pennemi doit nécessai-rement faire , obligé qu’il est parla nature des lieux à lé regler furles mouvemens , pour s’opposer àses desseins, il le conduit ainsi de ,camp en camp, & de poste en pos-te , au but qu’il s'est proposé pourvaincre.

Voilà en peu de termes ce quec’est que le coup - d’ceil militaire ,fans lequel il est impossible , quele Général puisse éviter de tomberdans une infinité de fautes d’uneextrême conséquence En un mot,àl n’y a rien à espérer pour la vic-toire , si l’on eít dépourvu de ceque l’on appelle coup - d'ceil h laguerre. La science militaire est dela nature de toutes les autres , quidemandent l’usage pour les bienposséder dans les différentes par-ties qui la composent,

Pkilopœmcn un des plus grandsCapitaines de la Gréce , qu un il-lustre Romain appella le dernierdes Grecs, avoit un coup-d'ceil ad-mirable , qu’on ne doit pas consi-dérer en lui, comme un présentde la Nature, mais comme le fruitde l’étude, de Papplication , & deson extrême passion pour la guerre.Les Condés , les Turennes n’é-toient point fans ce sçavant coup-à’ceil ; ils Pont acquis par Pétudedes sciences - qui ont rapport au

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métier de la guerre ; & M. le M#réchal Comte de Saxe , auroit-ilfait une campagne si glorieuse enFlandres , fous les yeux de notreMonarque , s’il n'avoit eu Part demettre les armées en bataille, deles camper , 8c de les faire com-battre ; s’il n’avoit eu enfin damlaperfection ce coup-i'ail misiià,qui volt tout, qui a tout préviì.

Etudier la guerre avant que depenser à la faire , & s*y appliquerfans ceíïè , lorsqu’on la fait , ctftce qu’ont toujours fait les grandihommes j mais , comme on nefait pas toujours la guerre , ou queles armées ne font pas toujoursen mouvement, ni assemblées,comme on est au moins lìx moisdans le repos d’un quartier d’ty*ver y 8c que six mois ne suffisentpas pour former le coup - d'çâlpour la guerre , par le secours dePesprit , & de Pimagination, onpeut , dit M. Folard , en faireusage ailleurs que dans les ar-mées , comme à la chasse.

Rien, selon cet auteur, ne con-tribue davantage à former ìe eoupd’ceil que Pexercice de la châtie,Outre qu’il met au fait du pays,& de ses différentes sortes de si-tuations, qui font infinies, & ja-mais les mêmes , on apprend en-core dans ce bel exercice milleruses , 8c mille choses , qui ontrapport à la guerre. Mais ia prin-cipale est la connaissance des lieux,qui forme le coup-d’ceil , fans quenous y prenions garde ; & fî l'ons’exerce à cette intention, pourpeu de réflexions qu’on y ajoute,ou pourra acquérir la plus grande,& la plus importante des qualstésd’un Général d'armée.

Le grand Cyrus eut moins sonplaisir en vue > en se livrant toutentier à la chasse pendant sa jeu*tiefic, que le dessein de se rends*