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Tome troisieme.
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cnpées par les enfans de ceux qui]cs avoient eues en don, & cesenfans se les étant appropriées àtitre d'héritage » il fallut que l'E-tat trouvât d’autrcs moyens pourrécompenser les Guerriers. Pourcela on adopta les usages Romains,& on remit à la mode les récom-penses honorables.

• Sous la premiere Race, on voitquelques exemples de gens de bassenaissance être parvenus par leurvaleur* à la dignité de Comte ,& même de Duc ; lesquelles di-gnités donnoient par elles-mcmesdu commandement dans les ar-mées. La qualité de Chevalier ,sur-tout celle de Chevalier Banne-Tet, donnoitun très-grand rangdans les troupes du teins de Phi-lippe-Auguste , & un peu avantlui , c'étoit aussi la récompense duservice.

Cette sorte de récompense n'é-toit point onéreuse à PEtat, puis-qu'au moyen d'un simple baiserdonné publiquement par un Com-mandant à un Guerrier qui venoitde se distinguer, ou qui avoir servilong-tems , ce Guerrier le tenoitsatisfait de ses services , quelque*longs qu’ils fussent.

Ou s'en tint presque à ces lé-gères récompenses , jusqu’au temsque les troupes commencerent àêtre soudoyées. Mais cette époquesic, renaître le second des troismoyens qu’avoient les Romcins ,pour s'acquictcr des services quileur étoient rendus. Nos Rois af-signoient fur leur Trésor des som-mes annuelles,ou une fois payées.Cela n'empêcha pas que Pufagedesrécompenses honorables ne se con-tinuât, & la Chevalerie d'accola*de s'est perpétuée jusqu’au seiziè-me siécle,

Dans le même siécle un Soldatvaleureux qui exécrois une action

d'éelat, en étoit récompensé fur Í6champ , ou par une couronne deverdure que ses camarades lui met-toient fur la tête , ou par un an-neau d’or que son Officier princi-pal lui mettoit au doigt , en pré-sence de toute îa troupe dont leSoldat étoit. Le Général de Par-mée faisoit lui même cette céré-monie : c’est ce qu'on a vu foutFrançois I.

L'ennoblissement & les armoi-ries accordés par le Prince , aprèsquelque belle action , ont été leprix de la valeur de plusieurs bra-ves hommes. Ncs Rois témoin*eux-mêmes d'une action de valeur»Pont récompensée sur le champ ,& on en a vu un ( Louis XL )ôter son collier d'Ordre , pour ettrevêtir fur un champ de bataillel’un des principaux Officiers ( Lau-noy Morvillier ) de son armée »qui venoit de se distinguer avecéclat.

Outre les marques d'honnéur ,comme couronne dc verdure , onanneau d’or, qu'on donnoit auxsimples Soldats pour quelque ac-tion de valeur , on les récompen-soit encore de quelque argent : onles mettoit au nombre des Ap-pointés , on leur donnoit le graded’Anspeslade , de Caporal , lahallebarde de Sergent. C’est cequi se pratique encore aujourd'hui.

Les récompenses d'honneur n'é-toient pas seulement pour les per-sonnes en particulier , soit Offi-ciers , soit Soldats, Des Corps detroupes en entier y avoient part.Entre plusieurs troupes qui au-roient combattu ensemble , uned'entr’elles qui se seroit plus dis-tinguée que les autres, obtenoitou le pas fur ses semblables , ou leSouverain en faisoit choix poufêtre fa garde ordinaire : ou bien lemême Souverain arxêcoit de fixer