t ranger les bombes , les boulets,les grenades, à disposer tous lesoutils nécefìàtres, à faire des blin-des de bois rondes & quarrées :elle fait amas de roulettes dc char-rue , de madriers pour les mante-lets roulans à l'ufage des sappes.Klle aslèmbie des crocs & des four-ches de fer, de gros maillets àlong manche, des pelles de fer àmanche long pour les sappes , despioches , des brouettes, des sacsà terre » dont il faut toujours unegrande provision.
Outre cela elle a des pics-Jioyaux, des pics à crocs » des pio-ches simples, des pelles de fer,des beches communes » des pellesde bois ferrées & non ferrées,les locfiets de Flandres font lesmeilleurs de tous en bon terrein,comme dans les Pays-Bas, & nonailleurs. Les pics - boyaux, quifont pioches d'un côté , &ont unepointe dc l'autre font bonnes ; lespelles d.e fer, appellées efeoupes ,ne font pas mauvaises , quand ellesont une bonne douille, 8c qu’ellesfont bien emmanchées. Les bechesun peu plus longues , 8c qui enfon-cent dans la terre avec les pieds ,font bonnes. Les pelles de boisferrées lont excellentes , paréequ’clles prennent beaucoup de terreL la fois, mais elles fe cassent ai-sément. Les pelles de bois nonferrées font les moindres de tou-tes , parcc qu’elles font cassantes ,& qu’elles font de peu de durée.
Tous ces outils font pour lesterres & les rocailles. Ceux quiservent aux bois , font les haches ,serpes communes, scies de touteefpece, ciseaux , fermoirs de tou-tes grandeurs, hachettes , doloi-r es 3 &c. II y a aussi les outilsappartenansà la charpenterie, fer-ronnerie » 8c serrurerie , dont il ya beaucoup dc boutiques complû-
tes dans le parc , même des tor^mans pour faire le porte-feu de*bombes 8c grenades , des plateauxde bois pour les pierriers , de*tampons pour les mortiers & lescanons. 11 y a encore des outilspour les Mineurs , ensin tous lesoutils bien emmanchés íe tirentdes magasins où il y en a pour l’or-dinairc des amas de longue main ,aslèmblés á loisir.
Pendant que d’un côté l’artille-rie s'arrange dans son parc , &que de l’autre l’armée travaille auxlignes , quoiqu’on ait aujourd’huides plans de presque toutes les Pla-ces de l’Europc , comme sis fontfort peu exacts , un Général cher-che à apprendre encore quelquechose de l'état de la Place qu’ilveut attaquer, par les gensdu pays,principalement par des Ouvriersintelligens, comme Maçons, Tail-leurs de pierre , Appareilleurs ,Terrassiers , Entrepreneurs. 11 ca-che d’y introduire quelqu’un de-dans , qui après y avoir fait quel-que séjour, apporte des nouvellesdc ce qu’il peut fçavoir. Un Gé-néral cependant ne fe sie qu’autantqu’il le faut à ces fortes de rap-ports. II s’instruit par iui-même ,& reconnoit en personne, ou faitreconnoître par des gens intelli-gens tous les dehors de la Place ,8c cela à petit bruit de nuit oude jour. Le jour on n’a pas 13liberté d’appiocher de près, àmoins qu’on ne le fa/ïè seul oupeu accompagné ; cette pratiqueréussit preíque toujours : mais ona la précaution de Jaisièr derrièrefoi des gardes avancées , cachée*dans des haies ou quelques fossés ,à la faveur defqueiles on avanceseul.
Cette maniéré de reconnoîtreune Place n’iníhuit que du che-min qu’il faut tenir pour ies atta-que*