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Vol. I.
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XII
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XII AVANT - PROV OS.

ce d’instruction & comme un objet digne de toute i’application d’unmilitaire.

II y eut une époque où en effet les anciens surent nos seuls maîtresdans fart de la guerre. Ce fut dans ces temps, où plongés dansl’ignorance des siécles barbares, les hommes firent des efforts pour ensortir & où pour se former des armées, & pour se donner de la su-périorité dans les guerres, ils eurent besoin d’exemples & de mo-dèles.

Mais ces anciens font-ils encore nos maîtres aujourd’hui, &est-ce dans Végéce & dans Elien, qu’il faut puiser nos principes &les secrets de la science militaire? Le Chevalier de Folard l’a affirméavec une conviction qui tenoit de l’enthoufiasme, & il y a encore denos jours des militaires savans & fort éclairés qui pensent comme lui.

Rien sans doute ne justifieroit autant le goût que j’ai pour les an-tiquités militaires & ne donneroit plus de prix à mon travail que la vé-rité reconnue de ce sentiment. Mais mon intérêt ne doit pas m’a-veugler fur la validité des argumens qu’on y a opposés de tout temps& fur le résultat du peu d’expérience que j’ai acquise à la guerre.

II salloit bien que le systeme de nos ancêtres de ranger les trou-pes fur beaucoup de profondeur s’établît & se maintînt à l’exempledes anciens ; parce qu’avant qu’on eut perfectionné les armes à feu &connu tout l’ufage qu’on pouvoit en faire, ce ne fut que par le choc& à l’arme blanche qu’on put décider les combats; mais lorfqu’à for-ce de rafinemens & d’expériences souvent répétées, on s’instruisitdu prodigieux effet de ces armes à feu, il fallut bien auíïï que leur em-ploi prévalût successivement fur celui de l’arme blanche, & qu’à raison