XIII
AVANT-PROPO S.
de ces progrès on changeât de même l’ordonnance des troupes juí-q u à trouver celle qui convenoit le mieux.
En admettant de nouveaux principes on créa auííì insensible-ment une nouvelle tactique, que presque toutes les nations de l'Eu-rope ont adoptée, & qui ne reffemble point du tout à la tactiquequ’Elien, Arrien, &Végéce nous ont exposée. Ce n’est plus àprésent la profondeur des rangs qui constitue la principale force d'ti-ne troupe, de forte que le beau raisonnement de Polybe sur l’avantagequ’Antigone sut se donner à Sélasie fur Cléomene, en doublant laprofondeur de fa phalange, nous devient par là inutile; les sages ré-flexions mêmes de César faites à l’occasion de la bataille de Pharíalesfur le danger d’attendre de pied ferme le choc de l’ennemi ne fontplus si instructives aujourd’hui, quelles l’étoient pour les guerriersde son temps.
J'admirerai bien encore les manœuvres d’Iíannibal à la journéede Cannes : je crois même qu’il n’est pas impoifìble de former unprojet d’attaque dans fèfprit de celui de ce Général Carthaginois.Mais que l’exécution de ces manœuvres, dont Polybe nous donne îedétail, répugne à notre maniéré de combattre! Deux lignes de trou-pes d’une grande profondeur, qui fe heurtent à la fois fur tout leurfront, & dont Tune plie à dessein avec son centre pour entraîner ce*lui de l’ennemi, tandis qu’à force de redoubler fes efforts fur les aî-| es î elle force toute cette ligne ennemie dont le centre s’avance tou-] ou rs imprudemment, à fe courber au point de former un angle obtus
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<x bientôt une masse informe. De pareilles manœuvres dont l’histoiremilitaire des anciens nous fournit plusieurs exemples prefqusinconce-
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