XV
avant-propo s.
II ffest pas étonnant que réfléchissant à tous ces avantages ap-pareils de Pancienne tactique il y ait eu des militaires qui fe soyent for-tement persuadé, qffune erreur, ou plutôt un singulier abâtardissementnous a fait renoncer aux principes de nos ancêtres, & que tellenation qui reviendroit à la tactique des anciens gagneroit infaillible-ment la supériorité íur les autres. Mais ffest-ce pas fe faire illusionque de raisonner ainsi? Les Romains ont vaincu presque tous lesennemis avec lesquels ils étoient en guerre, parceque leurs armes& l’ordonnance qui y étoit analogue valoient mieux que les arme^& les ordonnances des autres nations. Or il faut être aveugle po^rne pas reconnoître que nos armes offensives font infiniment plus dan-gereuses (k plus meurtrières que celles des Romains , & que pouren faire usage nous n’avons pas besoin de l’ordonnance des anciensdont la base étoit la profondeur des rangs, mais de Rordre mincetel qu’il s’est établi dans nos armées.
Comme ce feroit une chimere bien dangereuse que d’abandonnernos armes à feu pour reprendre celles des Romains ou des Grecs,on s’est imaginé, qu’il faudrait du moins combiner l’ufage de nos ar-mes avec l’ordonnance des anciens, pour donner à notre tactique leplus haut degré de perfection dont elle soit susceptible. Quelquesbonnes qu’ayent été les vues de nos militaires qui ont bâti des systè-mes fur cette idée, je ne puis m’empêcher de leur faire observer,stue jusqu’à présent les changemens qui fe font faits dans la tactiquedes nations, n’ont presque jamais été Peffet des spéculations des ca-binets, q ue ce f ut à Raide de longues expériences & très successi-vement que les Romains formerent leur système. f/expérience de