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Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

guerre éclata en Italie, 6c avant qu’on en eut des nouvelles en Espagne, il nefut pas douteux, que du moins la meilleure partie de ses troupes ne í'e trouvâtdéjà au rendez-vous, avant que les Lieutenants de Pompée en Espagneeussent pu rassembler leurs légions, & tenter une invasion dans les Gaules ;de forte que César en tournant d’abord le fort de la guerre contre l'Italie,n’eut rien à craindre pour ses derrières. En combinant ces différentes cir-constances que les Auteurs qui en ont écrit, n’ont pas observées, on recon-noit toujours & de la sagesse, & de l’habileté dans la conduite de ce grandhomme, & l'on voit qu’on fut bien mal instruit à Rome, lorsqu on l’y taxad’avoir formé une entreprise téméraire & au dessus de ses forces. On s’ap-perçoit même en faisant attention que l’élite de son armée étoit détachée ducôté des Pyrénées, que, quoiqu’il parle du manque de vaisseaux pour y em-barquer ses troupes, comme de la feule raison qui l’avoit empêché de suivreíTabord Pompée dans la .Grece, il avoit cependant déjà (même avant sonirruption en Italie) projette de commencer par abattre la puissance dePompée en Espagne, pour se délivrer d’un ennemi redoutable qui auroitpu lui faire une diversion dangereuse, pendant qu’il auroit été occupéailleurs.

Pompée n’ avoit débarqué que cinq légions en Épire, mais il eut degrandes ressources pour former en peu de temps une armée formidable, enfe faisant joindre par les troupes de la République que Scipion commandoiten Syrie, 6c par toutes celles que les vastes provinces de l’Asie 6c ses alliéspouvoient mettre fur pied. Le seul avantage d’être maître íur mer inspiraSíc E LÌb* d tant de confiance à Pompée, qu’il se compara volontiers à Themistocle quix. *p. s. conseilla autrefois a íes concitoyens d Athènes, d abandonner leur ville auxPerses, pour chercher leur salut dans les vaisseaux, 6c on l’entendit dire sou-vent à ses amis, que celui qui feroit maître de la mer, ne manqueroit pasdel’êtrede tout l'Empire; il se flatta encore du projet d’assamer l’Italie, pro-jet que Cicéron même désapprouva.

Pour faire avorter tous ces desseins, 6c assurer ses conquêtes, Césaravoit besoin de grandes armées. II recueillit donc, à mesure qu’il perçadans l’Italie, toute cette quantité de recrues que Pompée avoit assem-blées, 6c ordonna en ion nom de faire des levées non feulement dans íaProvince, mais par tout ou 1 on reípectoit ses ordres. Presque toutes cesCohortes qu’il avoit surprises pendant fa route, s’enrôlèrentfousfes drapeaux,