GUERRE DE CÉSAR
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succès. Mais il faut faire réflexion aux circonstances dans lesquelles ils fe fonttrouvés, pour juger sainement de leur conduite. La nouvelle des hostilitésde César ne leur parvint par Vibullius Rufus, qu’environ fíx à sept semainesavant que César détachât Fabius, dont les troupes cantonnées dans le Rous-flllon n’eurent qu’un chemin de quinze à seize lieues à faire pour gagner le dé-troit du Col de Pertuis, ou le summum Pyreneum. Pendant cet intervalle,Petreiusse trouvant dans laLusitanie ou le Portugal, raíTembla ses légions,fa cavalerie 6c ses troupes Espagnoles, & fit comme on a dit, cette longuemarche par l’Extrémadure, la Castille 6c l’Arragonois pour joindre Afraniusaux bords de la Segre. II est évident qu’après fa jonction il ne put pas avoirbeaucoup de temps dc reste pour marcher encore en avant & pour s’établirdans le Lambourdan ; & fi Afranius avant son arrivée, eut pris le parti dedétacher en avant un bon corps de troupes pour occuper les montagnes, &qu’il l’eut suivi avec le reste de Tannée pour le soutenir, il est certain, qu’ilfe seroit éloigné des Magazins qu’il avoit eu à peine le temps de former, 6cqu’il auroit rencontré des difficultés insurmontables, pour procurer de la sub-sistance à son armée, principalement n’ayant pas de vaisseaux pour s’aflurerdes villes maritimes qui auroient pu lui donner du secours. Cependant uneraison plus forte que la crainte de manquer de vivres força vraisemblablementAfranius à renoncer entierement au dessein de s’opposcr au passage de Tar-mée de César par les montagnes. César maître des villes maritimes de laProvince Romaine, disposoit de tous les vaisseaux qui fe trouvoient dans lesports, depouvoit par conséquent s’en servir pour transporter une partie de sestroupes dans tel port de la Catalogne, qu’il jugeât à propos de choifir. Lefra-jetdeNarbonneàAmpouriasouAmpo/Awzle port le plus fréquenté pour lors,n’exigeoit qu’une navigation de quelques jours, & les troupes que César yauroit débarquées, auroient été exactement à dos de celles qu’Afranius eutemployées pour garder le seul passage des Pyrénées, qui n’étoit éloigné de lamer que de cinq lieues. Presque tous les Généraux Romains avant Pompéepasserent par mer en Espagne, & éludèrent de cette maniéré les mesuresqu’on avoit prises pour leur barrer le chemin p ar terre. Supposons mëmequ’Afranius se fut emparé d’Ampourias Sc qu’il eut été en état d’y rendre sabor-dage impossible, rien n’eut empêché César de dépasser ce port, en longeantles côtes, & de débarquer ses légions à Barcellone ou à Tarragone. Pansce cas les Généraux de Pompée n’auroient pu prendre d’autre parti que celui
d’a-