Sec t. I.
EN ESPAGNE.
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d’abandonner leur position dans le LambourdanÔc de retourner fur leurs paspour couvrir les magazins de Lerida 6c les bords de l’Ebre. Le projet oecampag ne selon les idées du Maréchal de Puyfegur auroit été excellent, íiVarron se fut mis en marche avec son armée, dès le moment que Vibulliusarriva, 6c, fí suivant l’exemple de Petreius, il eut gagné d’abord la Cata-logne par le grand chemin qui menoit de fa province à Dertofa, en mêmetemps qu’une Flotte qu’il avoit les moyens de mettre en mer, etant maî-tresse des Ports de la Bétique, fe feroit avancée le long des côtes poui s assu-rer des villes maritimes de Tarragone, de Barcellone, ôcd’Ampourias. Cé-sar avoit à peine assez de vaisseaux pour faire face à la Flotte des Marfeillois,
6c il ne falloit que fe mettre à portée de profiter de la diversion de ces Ré-publicains; mais Varron ne fit rien qui fut digne de la confiance dontPompée Vavoit honoré. Le prétexte qu’il prit de la nécessite de ne pas aban-donner la province, dont la défense lui étoit confiee, ne mérité aucune at-tention; parcequ’ìl étoit certain, que César n 'auroit jamais paíle lEbre nitourné ses armes contre la Bétique, tant qu’Afranius 6c Petreius auroient eteles maîtres du Poste de Lerida, 6c que tous les efforts de Varron pour femaintenir dans son Gouvernement auroient été fans effet âpres la défaite defarinée defes Collègues. Toute la conduite de Varron prouve clairementqu’il n’agît pas de bonne foi envers Pompée son ami & son Protecteur.
Si Cœlius marque à Cicéron avec un ton d’assurance que l’Efpagne feroit àCésar dès qu’il y mettroit le pied, il semble qu’il fondoit fes prédictions furla connoiífance qu’il avoit des fecrettes liaisons que Varron entretenoit avec C j. c .* b ad ^"César, 6c que celui-ci cache dans fes commentaires, peut-être pour ména- E r .ger son honneur. L’attachement qu’il lui témoigna dans la fuite, ôc le sortheureux 6c tranquille dont il lui fut redevable accréditent assez ces soupçons.
L’expoíé de toutes ces circonífances juíbfiera suffisamment aux yeux desconnoisseurs, la conduite des deux Lieutenants dePompee. Le poste prèsde Lerida qu’ils prirent, 6c au quel on attacha la meme importance dans lesdernieres guerres, étoit très avantageux, 6c indubitablement le plus pro-P re couvrir les Provinces de l’Efpagne au delade lEbre. La ville dllerda,ou comtne on l’appelle aujourd’hui Lerida, située fur une hauteur au bord dela Segre qui à une diffame de ìo mille pas, un peu moins de sept petites lieues,fe décharge dans l’Ebre, domine une belle plaine, qu’une autre riviere nom-mée Cinga ou b Cinca, borne du côté de l’Arragonois, pays habité autre-
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