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subsistance de toute l’armée. Jusques là il avoit détaché deux légions chaquefois qu’on étoit allé au fourage, <3c elles étoient rentrées ordinairement aucamp, dès que le fourage étoit fait. II résolut enfin de choisir un poste del’autre côté de la riviere, dans le dessein d’y faire camper ces deux légions,pour couvrii de cette maniéré le pays qu’il feroit contribuer de gré ou deforce à ^approvisionnement de l’armée. Par là encore fa cavalerie desti-née à battre la campagne, auroit un lieu sûr pour s’y replier en cas de be-soin, & ses fourageurs au moyen de ce poste, pourroient parcourir en toutefureté le plat pays, ( VI ) Fabius fe flatta que ces sages dispositions con-tribueroient à faire vivre son armée & mettroient ses détachemens à l’abride toute insulte.
Pour exécuter donc ce Plan, il détacha L. Plancus avec deux légions&íes fit suivre par toute sa cavalerie & par les équipages, dont ces trou-pes avoient besoin pour camper. II faut que certaines raisons l’ayent en-gagé, à faire passer toutes ces troupes fur le seul pont qui étoit près de soncamp, bien qu’il semble, qu’en fe servant en méme temps de l’autre qui11 ’en étoit éloigné que de quatre mille pas, il auroit accéléré fa marche &evité du moins l’embarras ordinaire des équipages. L’Infanterie défila lapremiere^ mais à peine fut-elle de l’autre côté de la riviere, que la violencedu courant enflé par un vent impétueux fit rompre le pont de façon que lacavalerie fut contrainte de rester à l’autre bord.
Les débris du pont que le torrent emporta jusques fous le camp del’ennemi, ayant fait aisément deviner aux Lieutenants de Pompée l’accidentarrivé à Fabius, ils prirent fur le champ la rélolution d’en profiter. Afra-nius fe mit lui même à la.tête de quatre légions & de toute fa cavalerie,& ayant passé la riviere fur le pont de pierre qui étoit près de son camp, il s’a-vança à grands pas contre ces deux légions dénuées de cavalerie & qui mar-choient par la plaine. L’occasion fut fans doute belle, & lui donna de gran-des espérances, tandis que la situation de L. Plancus fut des plus emba-raffantes, ayant touc lieu de craindre que le même torrent n’eut encore em-porté l’autre pont & coupé ainsi coût moyen d’être secouru. Cependantil n en fut pas déconcerté, il tâcha seulement dès le moment qu’il s’apper-çut de la marche de l’ennemi, de gagner une bute de terre qui étoit heu- 1reniement à f a portée. Ses légions ayant défilé par le pont, & fe trouvantencore dans 1 ordre de la marche 7 il n’eut qu’à ordonner à celle qui avoit la
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