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Vol. I.
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EN ESPAGNE.

Se ct. II.

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que quatre mille pas jusqu’au pont, & autant environ, jusqu’au terrain quePlancus avoìt occupé, Afranius, dont les troupes avoient eu également unassez long chemin à faire, avant d’y arriver, ne jouit pas longtemps de sesespérances & de ses avantages. Aussi à peine s’apperçut-il de loin des en-seignes & des armes brillantes des légions, que Fabius envoyoit au secours,qu’il renonça à son entreprise, ordonnant sur le champ à toutes ses troupesde se retirer au plus vîte, pour ne pas les exposer aux hazards d’un combatdans une plaine, où la cavalerie des ennemis avoit trop d’avantage.

C’est ainsi que se sauvèrent ces deux légions, qu’un accident imprévu,quoique d’ailleurs assez ordinaire à la Segre, la plus perfide de toutes les riviè-res, jetta dans le plus grand danger. On admire avec raison la fermeté de,

L. Plancus, q ui soutint allez longtemps tous les efforts de l’ennemi, commeon admire le sang froid & la valeur du Comte de Marsin, qui, lorsque legrand Coudé affiègeoìt Lerida, réduit par le même accident à une semblablenécessité, repoussa pareillement fur le même terrain, un ennemi bien plusopiniâtre, que ne le fut Afranius. On remarque cependant dans la conduitedu Lieutenant de César certain défaut de précaution, sur tout eu égard à Tor-dre de la marche, dont on ne trouve pas d’exemples dans Thistoire des opé-rations, que César a dirigées en personne.

Fabius après avoir dégagé les deux légions les ramena au camp, &nepensant qu’aux moyens de réparer promptement le pont, il renonça pourle moment au projet de s’établir de Tautre côté de la rivière. Aulïi Tarri-vée de César changea-t-elle bientôt la face des affaires.

Aussitôt que ce grand homme, distrait jusqu’alors par les préparatifs dufiege de Marseilles, ôc par les foins non moins importans de se‘donner uneMarine, eut pourvu avec son activité ordinaire à ces deux objets, il n’eutncn ta nt à cœur que de joindre au plutôt T armée en Espagne, où fa pré-sence étoit sort nécessaire. (IX.) Escorté de neuf cens chevaux il fit ce Ch. 41.long chemin, depuis Marseilles jusqu’aux environs de Lerida, fans au-cun accident, & arriva au camp de Fabius le lendemain de l’affaire dea ncus, environ le z. du mois de Mai. Sa prémiere attention se porta d’abord

. Commifo ab equitibus proelio , signa II. Le- sariorum occasione benesicio sortunœ ad no-gtonutn procul ab utrisque conspiciuntur, quas sir os opprìmendos uterentur: Quorum adventu.a ms u teriore ponte Jìi/sidio noflris mise rat, proelium dirimitur, ac suas uterque LegionesJuJpicatus fore id, q U od accidit, ut duce-s adver- reducit in Castra.

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