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Vol. I.
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ENESPAGNE. Sect. IL 47

me le courant ne les emporteroit pas moins, on se sert ies rames pour les arrêter, jus -qu'à ce qu'ils soient venus à Vendroit de leur destination. Pour lors on fait descen-dre de la proue de chaque bateau une corbeille d’ofier, faite en forme de pyramide,O remplie de pierres choisies pour raffermir contre le torrent. Auffitôt qu'un deces bateaux tient ainsi à Vancre St que celui qui est à une distance proportionnée à la pê-santeur de la charge, se trouve de la même maniéré fixé,la proue toujours tournée con-tre le courant, alors on jette fur le champ des poutrelles de l'un à ? autre de ces ba-teaux, St par dessus ces poutrelles des madriers de travers pour les joindre, Si c estainsi q U 'on procède avec le reste des bateaux, dont il y en a autant qu'il faut pour joindreles deux bords de la rivière. Des deux côtés du Pont on ajoute des lisses bienficheesdans les planches St surmontées dé une balustrade, tant pour affurer le passage auxchevaux St aux voitures que pour lier duement tout l ensemble du pont. L ouvragea'exécute en peu de temps, Si il régné malgré le grand bruit qui s'yfait, beaucoupédordre dans la conduite de ce travail. Ni la voix de ceux qui dans chaque bateau en-couragent les ouvriers, ni les reproches, ri empêchent de distinguer les commande-mens, Si de faire la besogne avec beaucoup de célérité. C' est d'après un vieux Si longusage, que cette pratique s'est établie che £ les Romains.

J’ai traduit ce paíîàge presque mot à mot, & auíli fidèlement qu’il ma ete possi-ble. Le sens en est clair, & il est étonnant, qu’il n’ait pas été conçu d abord, de tous ceuxqui l’ont traduit, ou commenté. Là où Arrien dit que d’un bout du pont à 1 autre, onavoit fait fur les deux côtés une balustrade qui servoit en même temps, a lier les pieces,on a cru que l’auteur parloit du plancher qu’on pose ordinairement a 1 entrée &c au sor-tir du pont, pour faciliter le paíîàge, séduit par le double sens du mot d de part

Si d 1 autre, & de qui signifie des degrés & des échelles. Et en effet les balustra-

des qui regnoient des deux côtés du pont, représentoient des figures d échelles misesen travers, & de leur long.

Ayant ainsi manqué la piece principale & la plus nécessaire à l’nnion de ces bateaux,îl falloit bien que tout leur exposé se refleurit de ce défaut, & qu il devint louche &• ob-scur. On voit que ces poutrelles clouées dans le plancher fur les deux bords du pont,& surmontées de balustres à la hauteur d’appui qu’Arrien indique par le motéchelles, tenoient ici lieu de ces gros cables ou de ces cinquenelles qui traversent la riviè-re» par lesquelles les pontons font aujourd’hui attaches & amarrés ensemble. Arrienînec expressément une différence entre les ponts de bateaux que les Romains avoient lacoutume d’exécuter, & ceux qu 1 on fait à laide du cordage & de gros cables, tels que fut,à ce qu’il dit, le pont que Xerxès jetta fur l’Hellespont. Il semble au reste que ces ponts,de la manière que l’Auteur Grec les décrit, ont été trop roides, & d’un mécanisme quin’est pas aífez analogue à la nature de l’élément qu’ils avoiént à domter ; mais on n’elèpeut être pas aífez au fait des moyens dont les Romains se sont servi, pour corriger ce défaut.

On voit ici, q U ’on fixoit les bateaux dans la rivière, au moyen de corbeilles remphes

de pierres. Ces corbeilles attachées par des cables à la proue, faisoient par leur poids, l’estet

Juste LipfePoliorc.Lib. II.

dial. J

Fabretci adCol. Traj.

r»g- 85.