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Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

des ancres. La figure pyramidale, qu’on leur donnoit, servoit à les faire refister à la for-ce du courant, qui n’ayant pas de prise sur un corps pointu, & large feulement par fabase, étoit moins en état de le déplacer. I-es anciens empîoyoient au reste des ancresde fer, & presque de la même figure que les nôtres, mais ce métal etant rare & très coû-teux chez eux, ils tachoient d’y luppléer par d autres expédiens, qui revenoient à peuPolyen. près au même. Iphycrate p. ex. fit remplir de grands sacs de fable, pour amarrer ses vais-Stratag j seaux, & l’Empereur Léon donna le même conseil. Si sauteur de la guerre d’Espagne

ck.' 3 “ dit, que César ne pouvant pas passer le ssaetis à gué, à cause de sa profondeur, descendit

Ch. XX. dans le fond de la rivière des corbeilles pleines de pierres, & qu’il jetta là dessus le pont

com. lys. f ur lequel son armée passa, on ne saurait douter que César ne fit pour lors un pont

mouvant, dont les bateaux furent amarrés de la manière qu’Arrien décrit ici *). IlDe Beilo seroit bien difficile de concilier autrement le íèns qu’on donne ordinairement aux parolesHUpaa. de cet auteur, avec la promptitude dont ce pont fut exécuté & avec la possibilité d’uapareil travail.

Il nous reste encore fur la méthode usitée chez les Romains dans la construction deSuidas, mot leurs ponts un passage de Suidas, que Valesius a crû être un iragment d’un des LivresÇíûw*. perdus de Dion Cassius, quoique Suidas lui même le cite d Eunapius. Comme la com-

paraison de ce passage- avec celui d’Arrien, ne peut que servir a 1 éclaircissement de cettematière, j’en donnerai aussi la traduction. Les Romains , dit-il, joignent les rivièresde la manière la plus aisée, en ayant fait un objet de l exercice , auquel ils dressentles soldats , ù dont ils ont également donné des preuves, comme de toute leur adressedans les travaux militaires, à V occasion des ponts qu ils ont faits fur le Danube, leRhin & VEuphrate. Ne croyant pas que tout le monde sache leur méthode, je vaisVexpliquer. Ce font des bateaux larges dont ils fe fervent fi> qu'ils tiennent à Can-

cre un peu au dessus de l'endroit de la rivière ou le pont doit être jettê. A un signaldonné ils lâchent un de ces bateaux, le prémier en ordre, & / e laissent descendre lelong de la rive, dont ils font les maîtres. Des qu d est arrivé à fa destination, ils jet-tent dans la rivière en guise d’ancre, une corbeille remplie de pierres, & Vy attachentpar un gros cable. Vayant encore bien amarre £? joint au bord du fleuve en le cou-vrant de madriers & d'autre charpente, dont chaque bateau est suffisamment chargé , ilsfe mettent d abord à paver Ventrée duPont. Us détachent ensuite le second bateau qui feplace à une petite distance du premier, & continuent ainsi avec les autres, jusqu! à cequ!ils ayent pouffé le Pont près de la rive opposée du fleuve. Le dernier bateau ducôté du bord que Vennemi occupe est chargé encore des tours, d'une porte, d!archers,0 des catapultes **),

La

*) Cxtar, quum ad jhimen Baetin venìfíet , nique

propter altitudinemfìumims transite poíset, lapidibus cor- p-alx. Ui e r

bes plenos demiht : itamsuperponte facto captai ad castra â» n T â v _ , , , , '

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