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GUERRE DE CÉSAR
ce à douze cohortes; il n’y avoit pas d’autre moyen que d’en former ces trois Quarréspleins, de la manière que je l’ai dit, pour employer ainsi toute l’armée dans une oc-casion si importante & si critique. II est du moins certain qu’il n’y auroiteuque quaran-te huit cohortes de placées dans le Quarté vuide, chaque face n’étant formee que dedouze, selon le témoignage formel de Plutarque. Ii est dit ensuite, que Craílùs lefils & Castìus commandoient chacun une aile .& le vieux Craílus le centre de l’armée :fi'auteur employé même le mot de des cornes, qui signifient constamment les deux
extrémités de la ligne formée par la Phalange étant rangée en bataille. Aussi évi-demment que ces expressions dénotent les trois grandes Sections ordinaires d’une ar*mée, aussi évidemment répugnent elles de même a toute notion d'un Quarté vuide, auquelaucun auteur militaire n'a jamais donné des ailes & un centre.
Toute l’armée, poursuit Plutarque, après avoir changé son ordonnance se mit en mar-che, & passa une petite rivière: Puis entrainée par une ardeur aveugle, elle doublale pas & s’avança avec beaucoup de précipitation dans la plaine où les Parthes l’at-tendoient ( 3 ). Cette marche précipitée ne convient nullement à cet immense Quarté,tel qu’on se le représente ordinairement. Mais il paraît par toutes les circonstances,que Crassus marcha ici, dans l’ordre accoutumé en trois colonnes formées par les troisgrandes Sections, & que Plutarque ayant trouvé dans les auteurs latins qu’il a copiés,que la marche s’étoit faite agmine qnadrato ,a crû rendre cette expression par le *x<vasov oule Quarté vuide fans considérer qu’en y ajoutant l’i|t$ír«n«y double front , il confondoittoutes les idées de son récit. J’ai été tenté de rejetter la faute fur les copistes qui ensubstituant le *aivm>v au mot auroient occasionné ce contresens, mais j'y ai renon-
cé voyant qu’il répété ce terme, aussi bien qu’Appien qui le copie.
Lorsque toute la cavalerie des Parthes le montra de tous côtés, Craíïus débuta parfaire avancer toutes ses troupes legeres, poui faire essai de leurs armes de jet contre lesarchers ennemis. Mais n’ayant ni laddresse, ni des armes de la bonté de celles des Par-thes, elles furent bientôt obligées de vuider le front & de se replier sur le gros de l’ar-mée. Ce n’est pas la propriété d’un Quarté vuide de s’ouvrir en présence de l’ennemi,pour recevoir quatre mille hommes qui fuyent devant la cavalerie : Mais on conçoitbien que les intervalles entre les grandes Sections d’une armée rangée en bataille, peu-vent fans causer du désordre íervir d alyle a des troupes legères.
Les circonstances de faction ne concourent pas moins à confirmer cette explication.Crassiis ayant fait dire par ses Aides de camp à son fils, de marcher incessamment contreles Parthes avec une partie des troupes qu’il avoit fous ses ordres; celui-ci s’avanca siimprudemment à la tête de huit cohortes & de treize cens Cavaliers, qu’il fut bientôtintercepté par l’ennemi & taillé en pieces avec tout son monde. 11 faut necessaire-ment que le corps commandé par le fils n’ai t pas fait partie du grand Quarté. Près desix mille hommes qui s’en feraient détachés, sauraient nécessairement dérangé & auroientcauíe un vuide difficile à réparer.