EN ESPAGNE.
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Rien n’est cependant si mal ordonné que le poste que Plutarque paroit astìgner dansson Quarré à la cavalerie. Selon son récit elle y auroit été mêlée avec ^infanterie defaçon, que chaque cohorte en eût eû un Elcadron sur les flancs. Un tel mélange d’in-íanterie & de cavalerie auroit été très bizarre & entièrement opposé aux principes de latactique Romaine. En faisant cependant attention au texte & à la suite du récit, j’ob-tarve que cette incongruité doit être mise sur le compte des copistes qui au mot deta flanc ou à celui de des cohortes en Pluriel, ont substitué le singulier
Craílùs ayant rangé son armée en trois grandes Sections, chacune de vingt quatrecohortes à double front, jugea à propos de partager fa cavalerie, qui étoit de quatre’Mlta chevaux, & d’en mettre en parties égales aux flancs de chacune de ces Sections ( 4 ).Plutarque dit qu’après cette disposition, il n’y avoir pas un corps d’armée, qui ne fûtEgalement pourvu de fa cavalerie; & se sert du terme de v-ty qui dans le langage des tac-ticiens dénote précisément les trois grandes Sections, le centre & les deux ailes de laPhalange rangée en bataille.
Je fuis entré dans le détail de cette disposition de Crafliis, parceque je l’ai vû citéeplus d’une fois par les savans tacticiens de nos jours, qui ont fondé plusieurs réflexions inu-tiles fur ce fait de guerre qu’ils n’ont pas connu, faute d’avoir bien discuté le texte.Saumaise ayant entrevû les défauts du récit de cet auteur avoir déjà deviné en partie lavéritable disposition de cette malheureuse armée, & j’avoue volontiers quej’en ai tiréquelque secours pour mettre ce point de Phistoire militaire hors de tout doute.
Le récit que font Plutarque & Appien de la malheureuse expédition de Marc An-toine contre les Parthes & de la retraite en présence de ces redoutables ennemis, est cer-tainement un des morceaux les plus intéreflans de leur histoire. Mais il ne faut pas se flat-ter d’en tirer de grands secours pour enrichir nos connoilìànces fur l’art de la guerre desRomains. Toutes les circonstances de cet événement, & les expressions de 5 -><- & d’^*? a tête & la queue d'une colonne dont se servent ces auteurs, prouvent évidemment queMarc Antoine dirigea fa marche suivant la bonne méthode, qu’il avoit vû pratiquerdans les guerres de César, & que ses troupes marchoient selon le terrain & les cir-constances, tantôt sur une, tantôt sur trois colonnes, dans Tordre appelle' par Céíàr tri-plex acies , & par d’autres quadratum agmen. Cette dernière expression des latinsParoit avoir encore induit Plutarque en cette occasion à employer pour indiquer T or-donnance des Romains, le terme de Pie/ton qui n’est consacré qu’au militaire Grec. L»■Plefion est aussi selon Arrien un quarré vuide, qui décrit la figure d’un Parallelogram-Ine > tandis que le Plinthion est un quarré équilatéral. Suivant Appien qui copie Plu-tarque dans d’autres points, l’ordonnance de Marc Antoine a été un Plinthion ainsi que l’a-■voit été celle de Crashs. Mais il seroit inutile de chicaner ces auteurs Grecs fur l’em-ploy des termes, par lesquels ils ont taché de désigner ces ordres de marche, qui, réelle-ment par la nécessité oh se trouvoient les Généraux de garantir leurs marches de tous cô-tes, avoient beaucoup de rapport au but & même à la figure de ces quarrés Grecs;, cepen-
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