Band 
Vol. I.
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EN ESPAGNE .

Sect. II.

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indiqué par César a deux objets, celui des bagages, qui au lieu de suivre chaque lé-gion , marchoient alors tous rassemblés dans un seul train à la queue de la plus grandepartie désarmée, & étoient couverts par deux légions qui fermoient la marche ; & enpartie la manière dont les troupes s’étoient mises en marche. César s exprime par lesmots suivans: consuetudine Jua Ccesar VI. legiones expeditas ducebat. II conduisit se-lon s a coutume six légions debarasisiées de leurs bardes . Je prouverai dans une autreoccasion que c’ett dans ce sens qu’U faut entendre l’expreffion à'expeditce legiones , &j observerai seulement ici que quoiqu’il ne fasse pas expressément mention de trois co-lonnes, ou de triphci acie, il ne Pindique pas moins en ajoutant qu’il a agi selon sacoutume. Comme on voit par plusieurs autres endroits de ses commentaires que fa coutu-me etoit de faire marcher íes légions, quand elles venoient en preíence de 1 ennemi, t/v-plici acie, en trois colonnes, & en meme temps debaraílees de leurs bardes, il paroi rqu une de ces circonstances supposant sautre, il s’est dispense de faire ici mention de tou-tes les deux. Nous voyons du moins, que cette même disposition de marche est expri-mee dans Hirtius par pcene quadrato agmine .

Je'fonde encore cette assertion sûr la disposition des légions de César, lorsqueVercingentorix les attaqua dans leur marche. Il n’y est pas fait non plus mention de tiois De Bel.Gai.colonnes, mais nous ne les découvrons pas moins dans les circonstances du combat. LeGaulois ayant partagé la cavalerie en trois parties, forma trois attaques contre la tetede la marche & contre les deux flancs. Cé'ar lui opposa sa cavalerie également répar-te en trois corps. En même temps toute son infanterie fit alte, & on se battit de touscôtés. César ordonna pour lors de recueillir les bagages entre les légions, impedimen -* a inter legiones recipiuntur. Si l’armée ssavoit forme qu’une feule colonne, les bagagesctant à la queue de chaque légion, l’exécution de cet ordre ne les auroitpas mieux misù couvert qu’ils ne Fétoient avant le combat. II faut donc qu’il y eut des colonnes, & quece fut dans les intervalles de l’une à sature qu’il jugea’ à propos de les renfermer. Puis1 armée s’étant arrêtée, se trouva d’abord en état de combattre; & l’ennemi la pressantd un côté plus que d’un autre, les cohortes purent se tourner de ce côté & s’y présenterd abord en bataille. Cette facilité à faire front à la fois fur les deux flancs, n’est pasUne propriété d’une feule colonne, elle suppose la marche désarmée sur plusieurs, &

°n conçoit alors aisément que les cohortes d’une des colonnes de flanc pouvoient tenirtete a l’ennemi & s’avancer même contre lui, fans influer fur les mouvemens de cellesde 1 autre flanc qui pouvoit être attaqué en même temps *). Comme la disposition or-

*) Probata re , atque omnibus ad iusjur,adad'.s, postera diein tres partes disiributoeq,duce se acie s a duobus lateribus oflendunt:

primo agmine iter ìmpedire coepít. Qua re nuiCcesar suum quoque equitatum , tripartito dicontra hostem ire iu.be t, Vugnatur una ot

itt parùbus. Confiflit agmen. Impedimenta interlegiones recipiuntur. Si qua in parte noftrì laborareeut gravius premi vìdebantur, eo Jtgna inferri Cce-sar, acìtmque converti ìubebat. Quce rcs & hofies adinsequcndum tardabat , & noflros spe auxihi confis-mabat.