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Vol. I.
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E-N E S P A G N E. , Se çt. II.

, ( XL ) Pag- Z6.

C’étoit un ancien usage chez les Romains, lorsqu’ils prenoient leurs camps dansle voisinage de l’ennemi, que de laisser une partie de l’arme'e en bataille, pour protégerl’autre qui traváilloit aux retranchemens, & les auteurs en font souvent mention. Onconsiiltoit ordinairement le plus ou le moins de proximité de Pennemi, ses forces & sonCourage, pour déterminer dans ces rencontres ce double employ des troupes. Quelquefoison fe contentoit d’avoir feulement la premiere ligqe fous les armes pendant que les deux an-cres íe niettoient tranquillement au travail comme on le voir par 1 exemple de César dans Bel. Afr.•la Guerre d’Afrique. Si Pennemi n’avoit pas envie d’engager une bataille, il fe mon- ' 6l 'troit du moins devant ses retranchemens avec toutes ses forces & feignoit d’être prêt à■^n venir aux mains. La crainte de Pavoir fur Les bras fans être assez en force pour le Bel. Afr.recevoir, empêchoit de poursuivre le travail , & on ne tardoit pas à rappeller aux 3 1 -* 3 ?..armes la plus grande partie des travailleurs. César prit rarement le change, & on le voir,

*ur rout pendant fa guerre en Afrique, continuer le travail malgré les bravades des

ennemis.

Frontin parle du fossé que César fit creuser Ici par ses troupes comme d’un stratage- J™**,nie par lequel il fe tira d’un mauvais pas, où il s’étoit engagé, en s approchant de tropprès du camp d’Afranius. C. Cccjdr, bello civili cutn adversus jífranìutn copias edu -ceret , & recipiendi fe fine periculo facultatem non haberet ; &c. C. César ayantConduit son armée pendant la guerre civile en présence de celle d ^ifranius , Ù n ayantpas de moyen de fe retirer fans danger &c. II est pourtant bien certain que le risque qu’ilsuroît couru, en fe retirant, ne lui avoir pas fait naître lidee de faire creuset ce foíïe*

Pendant fa campagne contre Pompée aux environs de Durazzo, il s’approcha avec ses ^ ^

légions presque fous les retranchemens ennemis de façon que íà premiers ligne n en étoitéloignée que de la portée du trait. 11 quitta cependant ce lieu lans marquer le moindreembarras pour fa retraite & fit cette manœuvre plusieurs jours de fuite, quoiquePompée eut rangé toute l’armée devant son camp. Le camp qu il prit, quand il fit la ‘ '

guerre aux Germains if étoit éloigné de celui d Anovistc que de fix cens pas. CommeParmce d’Afranius étoit ici à la mi -pente, & qu’il y avoir encore 300 pas du pieddç la montagne jusqu’à l’endroit ou César íe trouva en bataille, la différence en-tre ces deux distances ne pouvoir pas être fort grande. Il s’y conduisit cependant de?a même manière qu’il le fit ici Ses deux prémieres lignes restèrent également en ba-taille, tandis que‘la troisième travailla aux retranchemens; & plusieurs exemples d’au-tres anciens Généraux prouvent évidemment que César ne fit en cette occasion que íeconformer à une pratique dont la bonté & la nécessité croient généralement reconnues.

Ce qu’il y avo ; t ^extraordinaire ici, & qui mérite le nom d’une ruse, étoit l’adresse qu’ileut de dérober le travail aux yeux de Pennemi par la défense de ne pas élever le rempartín même temps q u ’ on creufoit le fossé. Le but n’en étant pas, comme dit Frontin defe ménager une retraite, César íè flatta seulement de cacher de cette manière à Afra-$ 1US > du moins pour quelque temps son dessein, de le laisser dans l’incertitude, & de fe pr°-,

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