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Vol. I.
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E"N: ESPAGNE. Smct. JJL

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ses légions -dans un certain éloignement de la colline, en les postant ce-»pendant de manière qu’elles restoient à portée de soutenir la troupe destineèà l’attaque. On voie au reste que se s diípositions étoientrelatives à sonplan d’emporter la colline autant par surprise que de vive force.

Quoique du temps de César tous les legionaires ayent ete armes de lamême manière, & qu’il n’y eût plus de différence par rapport aux armesEntre les Velites, les H affaires, les Princes & les Triaires, comme dansla vieille légion, on observa cependant dans la façon de les ranger en bataillecertaine distinction qui n’étoit relative qu’aux qualités des soldats. Ainsi onpláçoit dans les premiers rangs, les plus braves, les mieux exercés ôc lesplus ingambes qu'on avoit choisis fur toute la légion j ôc certain point d hon-neur fut attaché à cette préférence qui revenoit assez à celle qu’on donne au-jourd’hui à nos grenadiers. On les appelloit Antefignani , & il y en avoitflans chacune des dix cohortes de la légion. Bien qu’il soit difficile d’enmarquer précisément le nombre, on a raison de croire, que c’étoit le quartde la légion, qui jouiffoit de cette distinction, ôc qu’on s’etoit réglé a cetégard selon la répartition des troupes dans l’ancienne légion. On les réu-nissoit en un seul corps lorsqu il s’agissoit d’une action de vigueur ou d’uncoup de collier, ôc on les y employoit préférablement, comme on employéencore aujourd’hui nos grenadiers (I).

Ce furent les Antefignani d’une de ces trois légions que César avoit faitdevancer auxquels en cette occasion l’entreprife fut confiée. Ils eurent or-dre de partir à la fois au signal donné, de se jetter en courant sur la collineffn’ils avoient devant eux, & de s’en emparer avant que l’ennemi fut en étatde la leur disputer. Les trois légions qtíTetoient sorties du camp, dûrentles soutenir, & la cavalerie sut disposée de façon qu’elle assurât les mouve-mens de l’infanterie. César eût tout lieu de se flatter de l’heureux succès deson entreprise, pareeque l’ennemi en voyant toutes ces manœuvres ne se re-mua pas d’abord, ou peut-être fit il seulement semblant de ne rien deviner.

Selon Puíage des armées Romaines il y eut constamment de bons corps^ e garde établis devant les portes du camp, surtout devant celles qui me-noient à l'ennemi. II y eut en outre des piquets placés en dedans du camppour soutenir ce s corps de gardes; & d’autres d’infanterie Ôc de cavaleriepoussés dehors pour garder les avenues ôc pour recueillir les patrouilles&les détachemens envoyés à la découverte. II y eut quelque fois plus d une

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