GUERRE DE CÉSAR
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On conçoit aisément, que dans cette confusion inséparable d’une trou-pe sans discipline, qui ne pense qu’à s’enfuir, tous les arrangemens ne pou-voient être au commencement que les effets du hazard, que le terrain sccon-doit, & qu’on avoir tout lieu de se féliciter de s’être feulement dérobé aufer de la cavalerie, & à la vue de l’ennemi qui ne pouvoir pas tarder de ren-verser d’un moment à Vautre, cette foible barrière que la généreuse résistancede la cavalerie gauloise opposait encore. Aussi dès le moment que les lé-gions d’Afranius eurent joint leur cavalerie, la partie devint trop inégale,êc ces braves gaulois après avoir fait des prodiges de valeur, ne peníèrenteux mêmes qu’à leur retraité. Ils s’en acquitèrent encore avec assez de suc-cès & fans grande perte, mais il paroit que les archers, qui les secon-doient, en furent les victimes. Ils eurent le fort qu’éprouve ordinaire-ment l’infanterie légère, lorsque la cavalerie Vabandonne. Selon le récitde César il y en eut deux cens qui resterent fur le careau.
On peut se faire une idée du dépit des Généraux de Pompée, en vo-yant toutes leurs espérances fondées furies essets de la surprise, s’évanouirpar la faute de la cavalerie, & la plus grande partie de la proye, dont lacapture leur parut si facile, s’échapper de leurs mains. II ne leur restad’autre parti que celui d’attaquer & de forcer ces fuyards jusques dansces montagnes mêmes. Quelque difficile qu’en eût été l’accès, aveccette grande supériorité de troupes, ils en seroient cependant venus àbout ; mais il faut bien qu’ils n ayent pas jugé cette attaque d’une exécu-tion prompte <k facile, & qu’ils ayent crû les troupes qui s’étoient re-tirées plus nombreuses & plus disciplinées qu’elles ne l’étoient en effet.Us courroient d’ailleurs trop de risques à s’arrêter long temps à poursuivreleur dessein. Parcequ’ayant dégarni le camp près de Lerida de la meil-leure partie de Farinée, César informé de leur départ auroit pu aisément saisisf occasion de Fattaquer en leur absence, ou tenter quelqu’autre entreprisepour relever ses affaires. Ainsi au lieu de mettre fin à leur expédition, ils ne-laisterent dans ces environs qu’une grande partie de leur infanterie légère,avec ordre d'investir ces montagnes & d’en garder soigneusement touteSles issues, espérant peut-être que tôt ou tard, ce convoi abandonné à soi mê-me & dénué de tout secours tomberoit entre leurs mains. Les Généraux dePompee sé hâtèrent donc de retourner au camp avec toutes îcs troupes qui îeSavoient suivis, & tout le fruit de cette expédition fe réduisit à F enlèvement