EN ESPAGNE. Sect. IV. iZi
de quelques bagages qu’on n’avoit pas eu le temps de sauver, & de quel-ques goujats ôc vivandiers que prit la cavalerie.
Quoique la fortune eut encore en cette occasion favorisé les affaires deCésar elles n’en devinrent pas meilleures. II resta, suivant Appien, com- App1 " 1 deme bloqué dans son camp & dans le petit terrain, que les rivières lais- ub. n.Noient à sa disposition. La disette de vivres devint de jour en jour plus cruel- Fa s-de plus insupportable. On vendoit déjà dans le camp le boisseau Romainà bled, à cinquante deniers (III) & selon Lucain toutes les facultés d’un^omme ne suffisoient pas toujours à payer la petite portion de grains, dontd avoit besoin pour sa subsistance. Le soldat dépérissait d’inanition & lacrainte de l’avenir inquiétois encore plus les esprits que le mal présent. Cé-sar n’oublia à la vérité aucun moyen de soutenir ses troupes contre la faim,
& obtint encore de quelques villes qui lui étoient attachées, certaine quan-bte de bétail, dont on se nourrissait faute de bled. Ses vivandiers, ôc tout ci>. j tíCe qu’il y avoit de goujats dans Tannée, se répandraient de tous côtés pourchercher ôc amener quelques vivres au camp ; & de cette manière on se mitquoiqu’avec beaucoup de peine à Tabri de ne pas périr entièrement defaim.
L’ennemi qui vivoit dans l’abondance ôc qui n’ignoroit pas la détressede Céíar, s’eníia des plus grandes espérances, ôc se crut déjà victorieux, Ôcguerre presqu’achevée. Les rapports qu’Afranius, Petreius ôc les prin-cipaux officiers de cette armée en firent à leurs amis à Rome, etoient tous siAvantageux pour eux ôc en même temps fi exaggerés, qu’on ne doutapas même en Italie de la perte de César & de la ruine de son parti. On se ren-dit en foule à Rome à la maison d’Afranius, pour féliciter fa famille fur lesStands exploits de son chef ôc sur la gloire d’av oir t erminé la guerre. Bien
q Ue haberentur. Cœsar Us civitatibus quœ aieius amicitiam accejjcrant , quo niinor frumentierat copia, pecus imper abat ; calones adloiighi-quiores civitates dimittebat. Ipse prœsententinopiam, quibus poterat fubjidiis, tutabatur.
H,t c Afranins P etreius que, Z? eorum amicìpleniora ctiam atque uberiora Romani ad Jkosperfcribebant. Milita rumor fingebat ; ut pâmebellum confeElum videretur. Quibus litteris nuit -tììsque Romamperlatis, magni domum concurfus
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lìis t amen omnibus amiona crevit: qiu fere^ es uou soluni inopia prajentis, fed ctiam futuiiteinporii timoré ingravcseere consuevit. Jam-*l ll c ad denarios L. in Jîngulos modìos amionapervenerat, ZS militum vires inopia frumenti di-minuer at : atque incommoda ìn dies augebantur ;& tain paucis dicbus magna erat rermn f diaco minutatio,acfesQ rtmlcl ìeicliriavcrat; ut noflristagna inopia necejsarìarum rerum conflicíaren-îur ; iììi omnibus abundarent rébus , fuperiorcs-