EN ESPAGNE. Sect. IV.
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chaque légionaire e'toit pourvu, on observera, qu’il dut nécessairement s’en faire une gran-de consommation dans le cours d’une campagne. Il y avoit donc pendant la bataillederrière les légions des chariots remplis de ces armes , & le. soldat s’y rendoit, lorsquel’ennemi lui donnoit quelque relâche pour en prendre de nouvelles, lorsqu’il avoit caíTe' ouperdu les siennes. C’e'toit le seul cas Teli petendi causa, ou il lui fut permis selonles anciennes loix Romaines, de quitter les rangs. Nous apprenons par un passage duvieux Caton que Festus nous a conservé, que les Ferentarii, que Tite Live range sous la Feflut iaclasie des armés à la légère, étoient chargés de l’emploi de se glisser entre les files pen- Emntaru.dant faction pour remettre entre les mains des légionaires de nouvelles armes, à la placede celles qu’ils avoient employées. II falloit donc qu’on en eût toujours de grandesProvisions en réserve, de même que des casques, des boucliers, des javelots pour lesVélites & d’autres armes qu’il n’e'toit pas ailé de trouver dans les pays éloignés. Sci-pion faisant ses préparatifs pour son expédition en Afrique, se fit fournir par les Ar-r etins trente mille boucliers & autant de calques, & de plus, cinquante mille Pilons,a vec un pareil nombre de javelots & de piques. 4J _
Les chariots employés au transport de ces armes de rechange, font représentés enplusieurs endroits parmi les figures des deux Colonnes de Trajan & deMarcAurele à Ro-me. II y en a, à deux & à quatre roues, traînés ou par des bœufs , ou par des che-vaux, construits tous fort solidement, sans beaucoup de ferrure & ayant des roues soli-des & bien larges pour ne pas endommager les chemins comme fait nôtre charroi.
On voit encore fur ces deux colonnes des chariots chargés de tonneaux, & d’au-tres de ces sacs de cuir nommés culei différens par leur grandeur, de ceux que les sol-dats portoient, & qu’on appelloit Perce & Folliculi. Ces tonneaux contenoient le vindc le vinaigre dont il se faisoit une grande consommation dans les armées. Du tempsdes Empereurs on regardoit le vin, comme la denrée la plus néceíîàire ainsi que la plusc °uteuse dont il falloit Rapprovisionner pour la guerre. Dans la lettre que l’Empereur^alerien écrivit à Aurelien, qui commandoit pour lors ses armées, il l’exhorte à faire usa- y opiscu58 e des forces qu’il lui avoit confiées, pour accélérer les opérations & pour finir au plu- Aurei.tot la guerre, afin de ne pas faire une consommation inutile de vin & d’autres vivres Ch-st u d faut toujours amasser à la guerre. *)
A en juger donc d’après les figures de ces deux Colonnes, ce furent à peu près là, lespnncip aux articles pour les quels on se servoit du charriage dans les armées romaines. IIn étoit certainement comparable en aucune manière aux trains d’artillerie, de pontons,de boulangerie, & à cette enorme quantité de charettes qui embarrassent les marches denos troupes. Comme les Romains n’avoient pourtant pas moins besoin de beaucoup de cho-P°ur l e s erv ; ce leurs armées, on observe qu’ils s’appliquèrent de tout temps à trouveres moyens d’e n faciliter le transport & d’en diminuer l’embarras. Leurs ancêtres ayantintroduit dans le s cani p S l a m ème frugalité qui regnoit dans leurs maisons, on com-
) Ut non. vinum. aut annona consumatur : aut talìa iaciantur , in quibus res bellica constituta. est.
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