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Vol. I.
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EN ESPAGNE. Sect. IV.

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& habile onus & facilis requies ejset: Pour diminuer la quantité des équipages, dontune armée en marche est fur tout fort incommodée, C. Marius ordonna aux soldatsde mettre leurs ustenciles & leurs vivres ajustés dans un paquet fur des fourches, pourrendre le fardeau plus aisé à porter, & pour que le soldat pût fe reposer plus commodé-ment. Mais quelqu’ait été son rafinement pour soulager les soldats dans le port deleurs bagages, on ne les appelloit pas moins les mulets de Marius, comme le dit Festusmême Frontin. Et certainement on ne peut qu’admirer la patience du soldat Ro-main, qui regardant, à ce que Cicéron rapporte, ses armes offensives & défensives com-me fés membres, ne refusoit pas de se charger encore outre ses vivres & ses ustenciles,de palissades, d’une hache, d’une scie, d’une corbeille, d’unefaux, de chaînes Le de cor-des; & il est vraisemblable que, st Végéce dit, qu’on accoutumoit les jeunes soldats aMarcher avec un fardeau de soixante Livres feulement, il n’a plus eu égard aux légio-naires du temps de Pancienne milice.

Mais, comme malgré tous ces réglemens des anciens Généraux Romains, len ombre des bêtes de somme & des mulets, ne pouvoit être que fort grand dans les ar-mées ; on ne pouvoit pas non plus se dispenser de nourrir une quantité' considérable degoujats, de valets & de palefreniers employés à les soigner & à les mener dansles marches. Le nom que portoient ces valets étoit celui de Calones du mot Cala quifignifie le gros bâton dont ils étoient armés. C’étoient pour la plupart des esclaves queles particuliers aisés achetoient & qu’ils amenoient à l’armée pour en etre servis. Ilseri entretenoient austì quelquefois, au delà de ce qu'il étoit nécessaire, & ce futcontre cette efpece de luxe, que les anciens Généraux firent souvent des reglemens uti-les A fort se’veres. Du temps de Pancienne milice le nombre en etoit par conséquentPetit, & l’on s’en fervoit comme de bêtes de somme, dont P entretien étoit encore pluscoûteux & Pembarras plus grand. Le vieux Caton qui marchoit à pied à la tete des légions &Portoit ses armes lui même, ne fut suivi que d’un seul esclave qui portoit ses provifions.

Les besoins des armées s’étant multipliés dans les grandes guerres, que la Répu-blique eut à soutenir dans la fuite du temps, cette ancienne frugalité ne put plus avoirlieu, A- jj f a Il u(; bien qu’on souffrit, malgré qu’on en eut, plus d’équipages, plusd esclaves, & plus de chevaux de bât qu’autrefois. César montra pourtant enco-re qu il étoit possible de s’en passer, en ne permettant pas d’embarquer des esclaves &betes de somme dans les vaisseaux qui transportèrent ses légions en Afrique, &a vû plus haut, qu’il cassa un Tribun des soldats pour avoir rempli tout un bâti-ment de transport de ses esclaves & de bêtes de somme, en vertu d’une ancienne loi don-u £e pour cet effet. Quoique César se montrât bien sévere en cette occasion, on ob-serve cepend ant q lie le luxe n’a jamais tant fait de progrès dans Jes armées, que pendantqu il fut à leur tête. II y contribua fans doute beaucoup en doublant la paye du sol-dat. &: en tolérant plusieurs abus à cet égard. Tacite en parlant de l’armée de Vi-tetlîus, foi te de près de soixante mille combattans, dit qu’il y eut pour le moins au-tant à valets & de vivandiers qui l’accompagnerent dans fa marche.

S %

des

l’on

Jofephe deBel. Jud.Lib. III.Ch. 5.

Lib. LCli. 19.

ServiuiAeneid. VI.1.

Festus Ca-lants.

Plutarque ,

Porcius,

Caton.

Bel.Afr.47.

Ibid.Ch. 54.

Hîfíor. Il*87. r.