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Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

On ne peut pas douter qu’on n’ait astreint de tout temps à certaine police &à beaucoup d'ordre toute cette troupe d’esciaves & de valets d’armée. Selon Jose-phe qui fait la description de l’armée de Vespasien dans le temps qu’elîe fit la guerredans la Judée, les valets des légions e'toient presqu’auíst aguerris & disciplinés que les lé-gionaires mêmes, estant toujours pressens à leurs exercices & partageant avec eux ledanger des combats. II n y a que leurs maîtres, ajoute-1-il, auxquels ils le cèdenten expérience & en valeur *). Mais 1 historien Juif outre un peu ici les éloges, qu’ildonne ; car on fait bien qu’ils n’étoient pas armés pour combattre, qu’ils ne prêtoient pasle serment militaire, & que leur condition d’esciaves les éloignoit trop des avantages dela milice & de l’honneur de prendre part au combat. Des vivandiers nommés Lixae,des marchands & des artisans suivoient encore les armées, quelquefois en grand nom-bre & selon le caractère des troupes & des Généraux qui les commandoient. C’étoientau reste des gens de condition libre qu’on soussroit & qu’on protégeoit même autantqu’on en avoit beíoin.

Après avoir exposé les principales circonstances relatives aux équipages des ancien-nes armées Romaines, il me reste encore à déterminer le vrai sens du terme d’expedztcelegiones dont César & les autres auteurs se servent souvent. Saumaise a cru qu’expe-dìtcB cohortes étoient les troupes legères, qui avoient remplacé les velites de l’anciennemilice. Mais comme César donne quelquefois cette Epithete à toutes ses légions, onne fauroit déférer à ce sentiment. D’autres ont cru que ce terme dénotoit des lé-DeBel.GíL gions qui marchoient fans leurs équipages: Mais César en parlant de la marche qu’il fittib. II. en présence des Nerviens, dit qu’il mena six de ses légions de cette manière : VI. Legìo-Ch ’ * 9 ' nés expeditas ducebat, quoique tous les bagages de farinée les suivissent; nous vo-yons encore qu’après avoir passe la Segre avec ses légions, il les caractérise auffi d’ex-Bd. Cív. 1, pedìtcE, bien que les bêtes de somme qui portoient les tentes n’en accompagnassent pas« 4 * moins leur marche.

On n’a qu’ à íe représenter le íoldat Romain chargé outre íès armes du fardeaude ses bardes, de ses vivres, & de toutes fortes d instrumens à l’usage des camps,pour entendre les auteurs militaires, lorsqu ils parlent de 1 avantage de surprendre les légio-naires dans le temps qu’ils plioient fous le poids de leurs bardes fub sarcinis & subsarcinarurn onere. Ils étoient pour lors vraiment impedìti , empêchés & embarrassesdans leurs manœuvres, dans le sens opposé au terme d expedìti. C’est pourquoi quandune armée Romaine approchoit de l’endroit, ou elle devoir se mettre en bataille, ou mêmequand elle s’attendoit àvoirl’ennemi arriver à elle, les Généraux en faisant leurs disposi-tions, déíignoient en même temps l’emplacement pour les bagages, derrière le champde bataille. Au signal donné les soldats se rendoient à l’endroit marqué & après y avoirdéposé les fardeaux dont ils avoient été chargés, retournoient ensuite dans leurs rangs*

*) Calories qui magna quidem multitudine feque- tempore in dominorum exeratiis adfidue versantes,lantur: quodverobellicaexercitationeadfuetiejjent ; bellique pericula una cum illis adeuntes, ut neqMhaud fecerni debent a viris milicaribus, pacis quidem peritia neque virïbus nisi a dominis superentur.

Historé

tib. NI.Ch. 4.