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GUERRE DE CESAR etc.
Lib. IV.
v. 9 j.
Sueton.Galba.Ch, 7.
quante denaíres, ou a deux ions d or, íl eft clair que toute la paye que tiroit un soldatdans cinq mois, suffisoit à peine pour en payer le prix. Voici comme Lucain s’exprimeen Poète fur ce sujet.
Jamque cornes femper magnorum prima malorumSœva famés aderat ; milloque obfejsus ab hosteMiles eget: toto cenfu non prodigus émitExiguam Cererem. Pro\ lucri pallida tabès!
Non deest prolato jejunus yenditor auro.
La compagne inséparable des grandes calamités Vhorrible & cruelle famine ap-proche; le soldat fans être assiégé, manque de tout ; heureux de pouvoir acheter unpeu de pain au prix de tout ce qiéil pojféde. O rage insatiable d u gain! A prix d'argentVon trouvoit encore des malheureux, qui affamés eux mêmes yendoient leurs derniersalimens. C’eíì ainíi que M. de Marmontel traduit ces vers.
Selon Plutarque la cherté des grains étoit bien plus grande dans l’armée de MarcAntoine, dans le temps qu’elle fit fa retraite devant les Parthes. Le cliœnix Attiquede blé, fe vendoit pour lors cinquante drachmes. Les Grecs rendant le denaire par leursdrachmes, malgré la petite différence qui est entre ces deux pieces de monnoye, onvoit que le chœnix fe vendoit austi chèrement dans Parmée de Marc Antoine, que le bois-seau dans le camp de César. Le chœnix est proprement la quarante huitième partie dumédimne, & le médimne revenant à six rnodius ou boisseau Romains, on voit quecette mesure fait le huitième d’un rnodius. C’étoit proprement la portion compétentede blé destinée par les Grecs à la nourriture journalière du soldat, de l’esclave & en gé-néral de tout homme. Elle pese au reste un peu moins que celle du soldat Romain,qui à ce que j’ai dit, répond a deux de nos livres. La disette étoit certainement ex-cessive, lorsque cette petite mesure de blé íè vendoit huit écus huit gros (à peu près31 livres 5 f ils argent de fiance). Un soldat dans l’armée que Galba commando! t en Afri-que , vendit pendant une semblable disette son reste de blé d’envíron un rnodius , centdenaires, seize écus seize gros, & le général pour punir son avarice, défendit de nehii en jamais fournir ou vendre s’il fe trouvoit lui même dans le cas d’en manquer. Cecas étant arrivé, l’homme périt de faim.
Fin du Tome premier.
histoire